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JDMQR... (Morceaux choisis)
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20 septembre 2011

Les métamorphoses du temps...

" On est les témoins impuissants du temps qui trace, du temps qui veut...
Que les enfants deviennent des grands... Et que les grands, deviennent des vieux. "
Grand Corps Malade        (... enfant de la ville...)



On rêve toujours d'être grand... quand on est petits, jamais d'être vieux...
Pourtant la logique du temps est d'avancer, sans jamais se figer, sans jamais nous laisser atteindre un état arrêté, qui nous permettrait de valider nos acquis dans une posture d'arrivée...
On suit la route le long de la glissière de sécurité de ce temps qui nous guide à l'avant, en trainant nos valises, de plus en plus lourdes de souvenirs d'instants...
Parce qu'on ne garde pas tout du parcours, on s'enregistre un best of, une compil' de vie de ce qu'on juge bon à garder, et le reste, on l'abandonne sur les bas côtés de la vie...


Dans les moments où ça cahote de trop, où la panne s'annonce, où le moteur s'emballe, peut-être qu'on devrait installer son triangle de détresse devant notre paillasson, juste pour signaler à la cantonnade, qu'on est tombés en rade, et que ce serait bien de pas en rajouter, le temps qu'on arrive à tout réparer, pour repartir du bon pied...
Faut pas se leurrer, personne traverse sans accuser quelques moments comme ça...
On ne peut pas faire tout le tour de la vie, sans crevaison, sans panne d'essence, ou rupture de courroie...


On ne sait jamais bien quand on est devenus grands... Sait-on alors, quand... on est devenus vieux ?...
Les métamorphoses que le temps nous impose, nous renvoient chaque jour des images changeantes, des regards d'hier sur les reflets d'aujourd'hui, et des soupirs parfois, sur ceux que l'on imagine demain...
On devient vieux quand on pense que les reflets n'évolueront plus...
On devient vieux quand on croit qu'on aperçoit la ligne d'arrivée... et que plus rien ne peut changer...
Mais, malgré tout, la vie c'est toujours une espèce de jeu de hasard, dont on ne peut jamais rien présager...


Quand on est petits, on rêve d'être grands... Quand on est grands, on se rend compte qu'on devient vieux...
Quand on est vieux, on sait enfin qu'il n'y a rien de plus à attendre pour vivre que l'instant présent qui nous appartient...
Dire qu'il faut toute une vie pour le comprendre vraiment... quelle perte de temps !...

... / LW...

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20 septembre 2011

Fête de la musique : ritournelle existentielle...

Ca commence par un cri, la mélodie de la vie...
Pas encore rompu aux cadences, tu crèves le silence, sans nuances...
T'improvises tes vocalises... T'as le secret du caprice qui terrorise...
T'entames ta litanie, sans égard pour les bases de l'harmonie...
Pi tu grandis, t'apprends à placer tes accents, tu t'fais les dents...
Tu quittes le mode mineur, t'es chez les grands maintenant...

Tu veux plus qu'on te cajole avec des fariboles,
Dans ta geôle, t'en as trop sur les épaules...
Les refrains du train train quotidien des anciens
Manquent d'entrain et désaccordent tes arpèges sereins...
La coupe est pleine et tes couplets se déchainent...
Tu brises tes chaines, t'attaques la vingtaine en fier capitaine...

Tu composes ta partition en solo, du fond de ton studio,
Sur des portées qui s'envolent, t'improvises avec brio de nouveaux duos...
Tu te bricoles ton music-hall version rock and roll sans bémol,
Tu nettoies les idées reçues et tes ras-le-bol au vitriol de tes idoles...
Tu guillotines tes visions enfantines, à coup de nicotine assassine,
Plein d'adrénaline, t'imagine... la vie sans barres de mesure et sans épines...

La trentaine change la tessiture, tu cherches des temps qui rassurent...
Tes marmots en appogiature, tu t'aventures à de nouvelles armures...
Tu revois tes arrangements, tu te dégages en contrechant, t'accentues les mordants...
Tu transpires et tu transposes, tu conspires et tu composes,
T'accèptes les règles, t'as plus le temps de les remettre en cause...
Tu négocies les accords et tu te plies à leurs renversements...

Comme un glissando soudain qui dérange ton tempo,
La quarantaine t'entraîne à revoir tes credos avant le dernier Da Capo...
Le coeur ballant et les notes qui s'emballent, balancé entre ta vie et tes envies...
Tu t'aperçois que le temps t'est compté pour terminer en beauté ta symphonie...
Tu te jettes à corps perdu sur des accords plus graves...
Et tu braves de nouveaux octaves sans plus aucune entrave...

Dernière reprise permise, dernières notes qui s'écrivent...
La coda approche à grands pas, tu veux finir avec maestria,
Le point d'orgue de ta Dolce Vita, tu le veux sforzando et sans tremolo...
Avant que n'arrive le dernier sursaut du Cygne, tu veux encore faire le beau...
Tu revois tes intervalles et tes rythmes bancals sur un ultime diapason,
Pour libérer tes tensions enfin à l'unisson... en suivant la pulsation...

T'as des envies parfois de réécrire toute la partition par endroits...
Pour équilibrer les temps forts et les temps faibles qui ont rythmé tes pas...
Mais la musique ne s'écoute pas au passé, tu peux pas rembobiner...
Juste fermer les yeux pour écouter, et apprécier les meilleures notes égrenées...
Toutes les mélodies recèlent leurs trésors, même si on loupe quelques accords...
L'essentiel, c'est de continuer à y croire fort... Toujours et encore..
.

 

... / LW...


20 septembre 2011

Les portes qui s'ouvrent... et celles qui claquent...

" Lorsque tu poursuivras ton bonheur, des portes s'ouvriront où tu ne pensais pas en trouver, et où il n'y aurait pas de porte pour un autre. "
Joseph Campbell


Il y a parfois des chemins de gloire qui font des envieux, l'âme humaine est ainsi faite, qu'au lieu de constater ses propres incapacités et chercher à y remédier, elle préfère dénigrer les chances insensées dont les autres semblent bénéficier, alors même que chacun a une place et ses chances de la trouver...

Il existe des circonstances particulières, qui s'éveillent avec bonheur, au chemin de celui qui suit la route pour laquelle il est né, certains l'appellent le hasard, d'autres la chance...
Les petites gens qui ne manquent jamais de jalouser celui qui poursuit son rêve, y voient des alliances douteuses et des complots secrets, c'est leur façon d'essayer de ternir les lumières trop vives...

Mais personne ne vole le bonheur de personne : chacun a sa chance de faire grandir le sien, les portes qui s'ouvrent à celui qui s'avance dans "sa" bonne direction, ne le font que sous le sésame de sa réalisation personnelle, unique et particulière...
Et tout autre qui s'y présenterait, se verrait refuser cet accès d'abord pourtant si aisé...

C'est en décidant de suivre le chemin pour lequel on se sent le mieux préparé, le mieux armé et le mieux entrainé, que l'on trouve les repères qui nous guident et qui nous font continuer la route.
Tant que l'on n'est pas engagés sur la voie de sa propre réalisation, des indices nous renvoient par leurs refus d'accéder à nos requêtes, l'écho de notre erreur...
Certains y font attention et réexaminent leur itinéraire...
D'autres s'obstinent, cherchant, coûte que coûte, à franchir les frontières qui leur interdisent les passages qu'ils espèrent...
D'autres encore s'arrêtent tout bonnement, et attendent l'avenir, au bon vouloir de l'enchainement des évènements...

Quand des portes s'ouvrent là où on ne les voyait pas, les signaux d'appel sont clairs... Mieux vaut écouter la déraison qui nous disent de les suivre, même si elles apparaissent comme des mirages en plein désert, parce que nul ne sait si elles resteront ouvertes à tout jamais...
Elles laissent entrevoir des changements de possibles imaginés, et bien que ceux-ci puissent rester obscurs, ne pas leur donner une seule chance de nous éclairer, peut nous valoir une obscurité prolongée que l'on risque de regretter à la tombée de la nuit suivante...
Et ces portes qui s'ouvrent, font souvent suite à des pensées jetées en l'air, que nous n'avons pas voulu creuser, parce qu'elles revêtaient un caractère d'impossible trop prononcé...
A l'impossible nul n'est tenu, mais s'il se présente de lui-même, pourquoi lui refuser audience ?...

Chacun de nous se trace sa vie, et ses changements de caps, au gré de ses envies et des opportunités qu'il saisit... et ces opportunités ne sont pas interchangeables dans le temps et l'espace, ni entre personnes...
Chaque opportunité qui se présente à nous, s'y présente pour nous seuls : la saisir ou la refuser n'est que décision individuelle... Nous ne volons nos "hasards" à personne, ils s'adressent à nous, quand le moment s'y prête, et quand nous pouvons les entendre...
Il n'y a pas un nombre fini et figé, de hasards et d'opportunités, il y en a pour tous ceux qui y croient, pour tous ceux qui les désirent et qui suivent leurs chemins sans lorgner sur celui du voisin...
Pas la peine d'essayer d'enfoncer les portes ouvertes à l'intention d'autres visiteurs, contentons-nous de faire attention à celles qui s'ouvrent sur nos parcours, elles nousconduiront plus sûrement là où nous rêvons d'aller...

Et quand une porte nous claque violemment au nez... pas la peine d'insister non plus !... 

... / LW...

 

20 septembre 2011

Les médecines parallèles...

" Un livre est quelquefois un secours attendu, une idée est un baume, une parole est un pansement, la poésie est un médecin. "
Victor Hugo


Le pouvoir des mots n'est pas mesurable, tant au niveau de son étendue que de son intensité...
Les mots sont médecins bien sûr, ils pansent nos blessures, rassurent nos doutes et apaisent nos douleurs... Tous ces maux qui peuvent avoir été aussi mis à jour par des mots...
Les mots peuvent apporter à la fois le poison ou l'antidote, la douleur ou le plaisir, la certitude ou l'hésitation...
Les mots sont doubles et tranchants, uniques et cicatrisants, hors du champ définissable quand ils pénètrent dans nos seuils intérieurs et intimes...

Il y a des livres qui peuvent sauver des vies, quand ils rencontrent des yeux à ouvrir, des coeurs à guérir ou des peurs à apprivoiser...
Les livres peuvent être témoignages fortifiants, qui permettent de passer l'épreuve, parce que d'autres, avant, y ont survécu, parce que d'autres avant, nous en dévoilent avec pudeur les mêmes ressentis que l'on éprouve au moment présent, et parviennent à gagner une conclusion heureuse ou propre à redonner l'espoir...
Les livres sont compagnons de solitude, qu'elle soit désirée ou forcée, ils accompagnent avec force et présence, l'isolement...
Les livres apportent des réponses que personne ne peut nous révéler de vive voix parfois... Ils se font messagers essentiels et passages, vers une connaissance qui nous ouvre à l'avenir. Et cette connaissance peut être le point d'appui qui nous manquait pour avancer...

Une idée peut être un baume, bien sûr...
Il y a des idées que l'on découvre au hasard, au fil des pages de livres qui nous tombent sous la main, et qui nous conduisent de mots en mots vers des cheminements différents, dans des aventures nouvelles aux couleurs de nos jours...
Les idées changent la vie... quand elles orientent nos convictions vers des domaines inédits, dont on sent bien qu'ils vont voyager en nous, et repeindre nos horizons avec des d'autres teintes, d'autres envies et d'autres possibles...
Les idées sont à la base de toutes les nouvelles découvertes, de toutes les nouvelles connaissances, et de toutes les renaissances... même quand elles ne font que conforter ce que l'on savait intuitivement, sans avoir pu mettre de mots dessus...

Une parole est un pansement...
Nous sommes tous des écorchés, à un moment ou à un autre, on ne peut pas se prémunir contre toute chute, toute vie a des passages plus ou moins glissants, des tournants un peu serrés et des reliefs dangereux... Même sans se faire atrocement mal, personne ne traverse sans s'écorcher un peu...
Les paroles sont des pansements qui nettoient la douleur, et soufflent sur les poussières qui nous font pleurer les yeux... Les paroles arrêtent l'hémorragie par leur flot de compassion, de compréhension, de tendresse ou de générosité...
Les paroles ont cette faculté de guérir à la fois le coeur et le corps, le mental et le physique. Tout médecin le sait, la parole est part importante de la réussite d'un traitement. Donnez du désespoir, et le patient ne trouvera rien en lui pour contrer cette pierre supplémentaire à porter ; donnez de l'espoir, de l'amour et de l'avenir, et des miracles peuvent apparaitre...
Les paroles sont suggestion, et la suggestion est d'une puissance infinie...

La poésie est un médecin...
Elle ouvre des univers qui évoquent, d'image en image, de métaphore en beauté sonore, d'autres regards que ceux que l'on utilise ordinairement. Elle nous transporte sur ses vers, sur ses tapis de rimes, d'assonances et de fantaisie, dans une féérie de sens qui nous fait oublier la grisaille, qui donne aux choses des contrastes autres, et en même temps elle nous renvoie à nos intériorités...
La poésie est un tour operator qui nous mène sans danger par delà les mondes, les lieux et les époques, explorant tous les possibles et les impossibles, avec des mots de tous les jours...

Les mots pour dire, pour guérir, pour vivre, pour aimer... et pour grandir...
Longue vie aux mots, en tous sens et en tous genres... 

... / LW...

20 septembre 2011

La vie enfumée...

" FUMER TUE " ... Avertissement provocateur...

On trouve cette inscription sur les paquets de cigarettes...
Ah bon ?... Fumer tue...
Est-ce que c'est vrai ?... Peut-on en douter ?... Peut-on l'ignorer ?...

Les cyniques diront qu'il faut bien mourir de quelque chose, alors ça ou autre chose...
dans la vie en rose qu'on nous propose, c'est un peu comme s'asséner une overdose à petites doses...
Le poison qui tue lentement, en s'insinuant partout, dans tous les organes, dans toutes les artères,
et qui nous avance inexorablement, vers la fin de notre ère...

Les bouffées les unes après les autres, qui défient le cancer, jusqu'au manque d'air...
Cette fumée qui étouffe, que l'on retient d'un souffle... A quoi elle sert ?...

L'acte de fumer serait donc orienté vers un suicide à petits feux, qui nous consume ...
qui nous rend ainsi égal au tabac qui se consume en son papier vers des regrets posthumes...
Des regrets ?...
Non, les fumeurs ne regrettent pas leur vice, même sur le lit de leurs derniers supplices...
Ils continuent jusqu'au bout à défier leurs corps, même à demi morts...
Pitoyable, incroyable, cet engagement jusqu'au bout du non respect de soi...

Le plaisir du fumeur, se réduit au fil des années, au fil des cigarettes allumées...
Il tend à disparaitre pour se métamorphoser en besoin récurrent de se sentir comme envahi, possédé par cette fumée...
Le plaisir n'est réel que dans le soulagement du manque qu'il apporte,
Un apaisement en quelque sorte...
Une dépendance qu'on se crée, et dont on finit par ne plus tirer aucune jouissance...
Un culte du morbide, entrecoupé de quintes de toux sordides... qui montent en puissance...

Mais le fumeur n'est pas une victime impuissante, asservi à sa nicotine...
Il choisit en toute lucidité de s'enfermer dans cette complicité qui le ruine...
Oui, fumer tue... Et cette vérité connue entraine le fumeur dans une danse masochiste et macabre...
Et il les fume ses cigarettes... comme les clous d'un cercueil, qui cerneront son cadavre...
Sans honte, sans crainte, sans remords... et souvent même sans plaisir ...
Il a sans doute plus peur de vivre que de mourir...

Comme un handicapé qui s'appuierait sur sa cigarette, avec la mort inscrite à son entête,
Qui s'ennivre de sentir le mal parcourir tout son être, à s'en faire tourner la tête...
Le fumeur n'est ni à plaindre, ni à blâmer, il sait se juger par lui-même,
Dans sa faiblesse et ses sursauts de survie, quand il s'ouvre à ses dilemnes...
Pas d'arguments valables, ni raisonnables pour le détourner de son alliance morbide,
Même pas un duel personnel, juste un pacte cruel pour fuir son propre vide...

Et cette inscription, avertissement hypocrite gravé sur les paquets de cigarettes,
Est-ce pour nous permettre de mourir les yeux bien ouverts à cet indéniable fait ?...
Ou pour se dédouaner de nous autoriser la pratique d'une euthanasie quotidienne ?...

... / LW...

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20 septembre 2011

L'étincelle déraisonnable...

" Je crois qu'il faut presque toujours un coup de folie pour bâtir un destin. "
Marguerite Yourcenar

Les "coups de folie"... n'est-ce pas après tout... ce qui donne son piment à la vie ?... Certes, la logique, le raisonnement, la réflexion sont de sages préceptes de vie, mais à force de prudence, de raison et de résignation, on finit par ne plus se laisser rêver...
Les coups de folie sont des risques que l'on prend en faisant fi des mises en garde adressées, parce qu'ayant fait un rapide calcul de l'enjeu existentiel qu'on y voit, on se dit que ça vaut le coup de tenter quand même le coup... Un coup de bluff parfois... mais comme au poker, le bluff peut rapporter gros...
On se bluffe soi-même en se persuadant que nos motivations pour agir de la sorte sont tout aussi valables que les avertissements d'échec prédits, et on se fait avocat du diable en reléguant loin, aussi loin que notre inconscience le permet, tous nos doutes...
Pour une fois, on mise tout sur du vent... en espérant profiter de ses courants, plutôt qu'avoir à lutter contre...

Combien d'illustres personnages se sont heurtés à l'incompréhension générale en agissant à l'opposé de ce qu'on leur prédisait ?... Quand on succombe à un coup de folie, on devient sourd à toute critique, parce que joué pour joué, on est obligé d'aller jusqu'au bout... Quitte à perdre, autant tenter le tout pour le tout...
Les coups de folie nous donne la confiance, le courage et l'opiniâtreté, parce que le jugement auquel ils donnent lieu, est tellement négatif parfois, qu'il nous donne l'envie proportionnellement inverse, de continuer...
Par quelle manoeuvre tordue parvient-on à cette vision-là ?... Peut-être par véritable foi en ses convictions, peut-être par provocation, peut-être pour le frisson du jeu...


Ce sont souvent des coups de folie qui font basculer la vie, et par là, construisent un nouveau destin. C'est à partir d'un sentiment général d'échec que l'envie vient de rebattre entièrement les cartes... parce que quand tout va bien, rares sont ceux qui présentent ce genre de symptôme...
Le bonheur a cela de négatif, c'est qu'il contribue à nous entretenir dans un état qui nous satisfait tellement, que l'on ne remet rien en question, que l'on ne tente pas de transmuer plus avant cet état ressenti...
Parfois les coups de folie sont constitutifs de la personne, de façon cyclique, parce qu'elle a élaboré dans sa tête, certaines représentations du monde qui lui font désirer une vie, à première vue difficile d'accès, mais pas nécessairement inaccessible...

Les coups de folie sont présents à l'état latent en chacun de nous, ce qui fait la différence pour mettre en oeuvre un destin hors norme, c'est le passage à l'acte...
Comme en psychologie, nous sommes tous des psychopathes en puissance, si l'on décortique nos fantasmes et nos rêves, nous avons tous des pulsions négatives qui pourraient faire de nous des monstres, mais nous avons aussi une conscience... qui nous permet de tempérer nos instincts et nos pulsions, et entre l'idée et le passage à l'acte, il y a de solides douves de sécurité qui nous protègent, et nous permettent de rester bien tranquilles à l'intérieur des frontières de notre petit moi, bien dressé et éduqué par une civilisation construite sur la morale...
Et c'est très bien comme cela...

Toutes nos pulsions hors normes ne sont pas que des pulsions de haine ou de violence, nous avons aussi des pulsions positives qui peuvent, si on les laisse se développer dans leur totalité, nous aider à repousser nos frontières, tout en restant dans le respect de l'autre...
Faire un agrandissement de son pavillon n'admet pas inévitablement que l'on va construire sur le terrain du voisin : nous avons nos propres terrains mal exploités que l'on peut aménager selon une autre logique, que celle acquise au départ...
Les coups de folie ne sont pas aussi déraisonnés que cela... Les risques sont évalués, les enjeux compris dans leur schéma global en tous cas... Juste que l'on se permet de dévier un peu des sentiers balisés et sécurisés par la pensée dominante, pour faire confiance à son intuition...

Les coups de folie sont un matériau très innovant... et de nos jours, on a vraiment besoin de nouvelles technologies pour continuer à bâtir le monde de demain... ...

... / LW...

19 septembre 2011

La force du désir...

" Les gens qui veulent fortement une chose sont presque toujours bien servis par le hasard. "
Honoré de Balzac

Ce n'est pas la volonté qui aide nos désirs à se réaliser, mais bien la force de la suggestion. La volonté à elle seule, n'est pas toujours source de motivation suffisante, c'est la projection de nos souhaits comme s'ils étaient déjà réalisés, qui nous aident à en prendre la mesure...

Quand on désire fortement une chose, nous y pensons très souvent...
Cet accaparement du champ de nos pensées produit son oeuvre sans que l'on en ait conscience. Là est d'ailleurs le danger, car toute pensée envahissant notre champ de conscience, tend à vouloir produire une réalité conforme à cette pensée...
Il importe donc à veiller au contenu de ses pensées.

Si nous nourrissons des pensées négatives, elles deviendront réalité au même titre que nos plus grands rêves. La force de l'optimisme n'est donc pas à prouver, car tant qu'à pousser à la réalisation de nos pensées, autant qu'elles nous soient bénéfiques ou favorables, plutôt que négatives ou destructrices...

Ainsi nomme-t-on "hasard" tout ce qui contribue à faire aboutir nos désirs dans une réalité plus concrète, alors qu'il ne s'agit que du résultat d'une suggestion active... Naturellement ce genre de raisonnement prête à sourire : comme s'il suffisait de penser pour que tous nos souhaits deviennent réalité...
Non, il ne suffit pas de penser, il faut aussi y croire !... Et là c'est plus difficile. C'est finalement la même chose que pour la religion : il y a ceux qui croient parce que cela fait partie d'une éducation qu'ils ont reçue, et ceux qui croient parce qu'ils sont intimement persuadés de l'existence de Dieu....
Chacun choisit son camp en son âme et conscience... sans oublier que l'inconscient demande sa part de reconnaissance aussi... même s'il nous semble difficile d'accès...

Le hasard n'est rien d'autre que des opportunités qui se présentent à des moments où nous ne ne les attendions pas. Parfois on sait s'en saisir, d'autres fois nous les laissons filer sans même les avoir remarquées... Cela dépend de notre degré d'attention, cela dépend des pensées du moment que l'on entretient...
Quand notre esprit est sans arrêt orienté vers le but auquel on tend, tout nous pousse à regarder les situations avec ce filtre-là. Nous sommes plus à même de distinguer ce que nous pouvons faire avec les possibilités que l'on a... comme un joueur de poker sait comment adapter ses actions au regard de son jeu, même quand celui-ci est mauvais...

Le hasard n'est pas phénomène irrationnel incompréhensible... Comment ferait-il aussi bien les choses s'il n'était pas en relation étroite avec nos souhaits profonds ?... Nous sommes sources de création du hasard en quelque sorte, mais nous ne pouvons pas consciemment activer cette créativité... Il nous faut lâcher prise avec notre rationalisme et notre cartésianisme si nous voulons accéder à nos fonctions plus élaborées...

Fariboles... peut-être... mais qu'est-ce qu'il nous en coûte d'essayer ?...
...

 

... / LW...

 

19 septembre 2011

L'accouchement impartial...

" Il faut autant de travail pour écrire un mauvais livre qu'un bon ; il sort avec la même sincérité de l'âme de l'auteur. "
Aldous Huxley

La critique est facile... mais l'art reste difficile. Que l'on accouche d'une oeuvre "majeure", ou d'un article de quai de gare, il s'agit tout de même d'un acte créateur, qui demande temps et énergie. La créativité n'est pas un acte réflexe qui s'accomplit de façon automatique, à la manière de la respiration...
Aldous Huxley parle ici de livres, mais il en est de même pour toute création, elle appelle la même sincérité, le même investissement de soi dans l'extériorisation de sensations quasiment intimes, que l'on essaie, tant bien que mal, de retranscrire au plus près du ressenti que l'on en a...
Il est aisé de voir les erreurs, les failles et les maladresses quand on se poste en observateur de l'acte fini qui a résulté de cette exploration personnelle, dont on peut constater le rendu... mais le seul fait, d'avoir le courage, l'audace et la ténacité d'accoucher d'une oeuvre, émanant de son univers intérieur propre, qu'on livre publiquement, n'est pas le fait de tout le monde... Alors que la critique, qui s'érige en jugement de valeur sur des processus qu'elle ne maîtrise souvent même pas, est à la portée de tous...
Aussi faut-il avoir, plus que le succès modeste... la critique modeste...

Toute oeuvre est don de soi, dans la mesure où elle se puise dans les abimes les plus secrets de son créateur.
On en accouche comme on accouche d'un enfant, après l'avoir porté en soi, un certain temps, variable, parfois court parfois long... On lui rêve des avenirs, on lui prête des qualités, on redoute ses défauts... On la sent grandir, se développer, nous habiter... Et puis elle finit par sortir. Le travail peut être facile, d'autres fois il sera long et douloureux, et l'expérience en ce domaine n'y a pas nécessairement la place qu'on lui suppose...
Quand le travail commence, et que chaque vague d'inspiration apporte son lot de tension et de détente dans la mise en forme qui s'opère... on sent la matière vivante, qu'il s'agisse de mots, de couleurs ou de matériaux plus rudes, qu'il faut accompagner, qui nous quittent, à la fois dans la douleur et la joie de leur futur qui devient instant présent...

La restitution ne se juge pas dans le moment où elle se fait, le recul ne peut avoir lieu que bien plus tard, à la confrontation des autres.
Dans ce regard extérieur qui perçoit, dans les émotions qu'on a voulu matérialiser, d'autres émotions, d'autres réactions, d'autres réalités... renvoie une image parfois totalement inconnue ou décalée par rapport aux intentions jetées au départ...
La critique, quelque part, juge le degré de réussite atteint, dans cet effort de transcription d'un univers singulier, complexe et subtil vers un focus plus grand, accessible au commun des mortels...

Tout créateur entretient un rapport fort avec ses créations, au moment où il leur fait prendre forme.
L'investissement du créateur est toujours sincère sinon l'oeuvre ne peut sortir de son néant. Quand elle se révèle insatisfaisante à ses yeux, il la détruit sans état d'âme plutôt que de la jeter en pâture sur la place publique...
Tout créateur a plus de courage que d'humilité devant la critique, car il connaît le prix qu'il a dû payer pour venir à bout de sa création, dans toute sa finitude... et n'est pas toujours prêt à entendre, toutes les remarques qui blesseront cette endurance à la besogne, que l'oeuvre a suscitée...
Tout créateur est lui-même le pire critique qui soit, car sont en lui une multitude d'interrogations et de recherches, qui le poussent trop fréquemment à l'auto-censure, bridant par là des ressources illimitées au lieu de les laisser évoluer en toute liberté...

Et puis... derrière tout créateur il y a un être humain... vivant,
Qui rit et qui pleure... qui vit et qui donne... de ses tripes et de son temps... ...

... / LW...

19 septembre 2011

Faute avouée...

" Beaucoup de gens croient que l'aveu de leurs défauts les dispense de s'en corriger. "
Marie von Ebner-Eschenbach

"Faute avouée à moitié pardonnée...", dit-on, mais les proverbes on ne peut pas s'y fier!... Ils sont répétés de bouche à oreille comme des maximes d'évangile, sans être remis en cause, comme si leur ancienneté ou leur popularité pouvait leur accréditer une légitimité exemplaire... Et le plus fantastique, c'est qu'on en trouve toujours un pour contredire l'autre...

Ceci étant, on ne peut que constater la réalité de la phrase ci-dessus, comme si le fait de reconnaître ses défauts leur conférait un état de grâce sous-entendant inévitablement leur acceptation obligée, sans moyen d'y remédier...
"Tu sais bien que je suis comme ça...", est-ce que cela peut sous-entendre qu'aucune évolution n'est possible, qu'aucun changement jamais, ne peut advenir ?... Diantre ! Cela nous fait l'avenir morose si on ne peut pas tabler sur une amélioration globale de la condition humaine future... D'autant plus que chaque époque accouche de nouveaux travers...

En fait, ce n'est pas par acceptation de ses propres défauts qu'on les reconnait en général, mais souvent comme un prétexte à excuse, et pas toujours empreintes d'humilité face à ses propres faiblesses. C'est en quelque sorte une déclaration d'incapacité à trouver une autre voie...
Ce peut être aussi volonté de rester "aimable" malgré ses imperfections...
Nous ne sommes que des humains, ce statut nous autorise à faire preuve de certaines incapacités : nous avons le droit à l'erreur, mais aussi le devoir de corriger celles qui peuvent l'être par un effort conscient orienté à ce dessein...

Il y a dans l'exposition de ses défauts un désir de les entendre être relativisés par l'entourage, de faire reconnaître qu'en dépit de ces mauvais côtés, d'autres compensent largement...
Tous les défauts ne sont toutefois pas au même niveau, certains sont plus "handicapants" que d'autres... surtout pour ceux qui doivent les subir ou en faire les frais...

Certains défauts peuvent prêter à sourire, ou même éveiller une certaine tendresse à l'égard de la personne qui en est affligée ; d'autres sont proprement insupportables car ils atteignent l'irrespect ou fâchent la sensibilité d'autrui...
Mais de même que les défauts se déclinent chacun, en fonction de la personnalité qui les développe, leurs effets pervers sont inégalement ressentis. Nous ne sommes pas tous touchés par les mêmes choses...
Les défauts qui nous exaspèrent chez les autres, sont certainement ceux qui éveillent une résonance en nous, en opposition ou en écho...

Il n'est jamais aisé de corriger un défaut, et pour ce faire, il faut en premier lieu, en prendre conscience, et comprendre en quoi cette façon de se comporter, d'agir ou de penser, est négativement perçue par les autres...
La démarche de reconnaissance, puis d'acceptation, est déjà un premier pas vers une amélioration possible.
Naturellement, il y a des gens qui ne voient pas comment corriger leurs travers, ni même la nécessité de tenter d'autres moyens d'action ou de réaction, parce que la gêne occasionnée ne leur parait pas invalidante au point d'avoir à remettre en question, un édifice personnel qui leur fait tenir la barre chaque jour...
Nous n'avons pas tous les mêmes envies de "grandir"...

Mais qu'y a-t-il de pire :
- une personne qui, reconnaissant ses défauts, se sent dispensée de s'en corriger ?
- ou bien une personne, qui ne se reconnaît aucun défaut ?

Gardons-nous bien de devenir parfaits... mais continuons à tenter de nous améliorer !...

... / LW...

 

19 septembre 2011

Effeuillage sentimental...

" Les caresses sont aussi nécessaires à la vie des sentiments que les feuilles aux arbres. Sans elles, l'amour meurt par la racine. "
Nathaniel Hawthorne

L'amour platonique continue de véhiculer une espèce d'image idéalisée du sentiment amoureux, il ne correspond qu'à une intellectualisation du sentiment, qui y projette une sorte d'amour pur, dégagé de toute passion charnelle, comme si cette force du mental pouvait prétendre à une supériorité sur le physique... ???...
J'aurai tendance à penser que l'amour platonique ne peut guère se vivre de façon aussi entière et satisfaisante que dans une relation amoureuse "banale", qui allie mental et physique... car on ne peut pas faire de séparation entre les deux aspects : l'amour n'est-il pas une sorte de sentiment "absolu" qui se partage entre deux personnes ?...

On peut naturellement se caresser le nombril (et celui de l'autre), du bout de l'esprit par des paroles ou des serments qui témoignent de notre attachement, mais la chaleur du verbe ne remplace pas la chaleur du corps. Le corps a aussi son langage... et le priver de cette expression, ampute nécessairement la relation d'une part importante.
Toute personne normalement constituée, connaissant et acceptant son état d'attachement à l'égard d'une autre personne, éprouve ce besoin de proximité physique, qui va au-delà du simple désir sexuel.
Sentir la personne que l'on aime près de soi est naturel, le contraire force à s'interroger sur la nature véritable des sentiments que l'on pense avoir, non ?...

J'aime bien l'image de Nathaniel Hawthorne... je ne sais pas si l'amour meurt par la racine si on le prive de caresses, mais peut-être a-t-il raison... Ce qui "tue" beaucoup de couples, c'est le manque d'attention porté à l'autre, du fait de la vie quotidienne qui progressivement évince ces moments privilégiés que l'on s'accorde dans les débuts d'une relation.
Le temps, l'habitude et l'établissement reconnu de la relation, font que l'on devient moins attentif à la quantité et la qualité du temps que l'on passe ensemble...
On oublie que rien n'est jamais acquis, que toute plante que l'on cesse d'arroser... finit par mourir...

Les caresses sont reconnaissance que nous ne sommes pas que des êtres cérébraux, nous sommes un tout : esprit et corps. Pourquoi privilégier l'un par rapport à l'autre, en quelque sens que ce soit d'ailleurs ?... car l'amour uniquement physique, est à l'image de l'amour platonique : incomplet et frustrant.
Comme dans toute chose, l'amour a sa juste voie médiane, un équilibre qui ne se trouve pas dans les extrêmes, même si par ailleurs aucune norme ne peut être dégagée quant à l''importance que chaque part doit tenir...
Chacun selon ses besoins et envies, mais tous concernés par cette harmonie entre le "dire" et le "faire"...

Les sentiments qui ne se nourriraient que d'idées, risquent bien d'avoir à faire face à un certain nombre de carences, un manque de vitamines dû à l'effilochage tranquille des mots en répétitions qui finissent par radoter...
Allez donc embrasser quelqu'un par voie de mots !...
On peut envoyer des millions de "baisers qui volent" vers l'autre, leur fougue se perd dans les courants d'air, et ils finissent par arriver dénués de toute saveur, juste quelques lettres qui tourbillonnent comme des feuilles mortes balancées par le vent, avant de choir définitvement loin de leur arbre expéditeur...
Et même par pigeon voyageur interposé, embrasser le pigeon voyageur ne résoud rien !...
L'amour a besoin, pour être complet, de sensations et de sensibilité, de frissons et de sécurité, de nous faire exister dans toute notre dimension...
Les caresses se font aussi du bout des yeux quand les regards se font langoureux, mais comme un appel préalable... pas comme une fin en soi...

On sait par expériences, que les enfants privés de toute caresse, de tout contact physique, développent de graves troubles, et pour les cas les plus extrêmes, peuvent aller jusqu'à mourir... Mourir d'un manque caractérisé de sensations physiques de bien-être en quelque sorte... mourir de n'être pas aimés...
Nous éprouvons des manifestations physiques réactionnelles devant les personnes qui nous attirent. Nous ne sommes pas toujours à même de les contrôler, cela tend à prouver cette nécessité de laisser au corps une place qu'il réclame...
Quand les circonstances rendent inaccessibles l'autre, on peut ressentir de même une sorte de manque physique, de ne pas sentir sa chaleur, de ne pas respirer son odeur, de ne pas entendre sa voix...

Soyons attentifs aux couleurs du feuillage malgré les saisons qui passent... ...

... / LW...

 

19 septembre 2011

Carnaval et chapeau bas...

" J'ai l'ultime conviction que tous ceux qui ont mon âge sont des adultes, et que moi je ne suis que déguisée. "
Margaret Atwood

J'emploie souvent le "on" ou le "nous", pour me cacher derrière un rassemblement général et fédérant, qui m'arracherait à mes ressentis quelque peu "extra-tesrrestre" parfois... Comme si j'avais besoin de sentir une communauté d'idées à laquelle me rattacher, parce que... je me demande encore, ce que signifie cette expression qui semble familière et parlante à beaucoup : être adulte...

"Etre adulte" reste une question récurrente...

Je refuse d'être adulte, si cela signifie abandonner toutes ces choses de l'enfance qui me semblent donner sa magie à la vie : l'insouciance, la confiance, la candeur, la foi dans les "happy end", l'idée que la justice est une réalité, la poésie et la magie de l'instant, les jeux bêtes et marrants qui ne servent à rien, les petits plaisirs désuets, les semi-croyances aux légendes qui nous ont bercé... Je veux garder tout ce monde-là bien présent à ma réalité...
Et la coexistence de ces deux univers me parait être tout à fait possible...

J'accepte de devenir adulte, si cela signifie grandir en sagesse, non pas en croyances qui se sclérosent, mais au contraire en questionnements qui passent en revue sans cesse de nouveaux développements, nourris par une recherche de sens adaptée à chaque problématique qui se pose...
J'accepte de devenir adulte, si j'ai en face de moi des êtres qui ne jouent pas uniquement aux chefs de bande de la cour de récré, mais qui se comportent en responsabilité et en respect à tous niveaux de la vie...
J'accepte de devenir adulte, si je peux garder intact mon monde d'enfance sans que l'on m'en tienne rigueur, et si je peux le partager avec des gens qui auront fait de même...
J'accepte de devenir adulte, si on me permet de poursuivre mes rêves sans avoir à en subir railleries et découragement...

Je ne suis pas d'accord avec cette phrase de Margaret Atwood, je ne me sens pas déguisée face à des personnes qui seraient, elles, toutes, adultes... Je crois que, nombreux sont ceux qui se déguisent en adultes, pour se sentir appartenir à une communauté de pouvoir, mais qui restent en leur intérieur, comme des gamins orphelins de leur propre développement, et qui tentent de masquer leurs peurs des grands, par des attitudes et des manières qu'ils singent d'après les observations qu'ils font... Ils jouent aux grands... comme quand ils étaient petits, et qu'ils étaient le Papa ou la Maman, et qu'on disait qu'ils allaient au travail et qu'après ils partaient en vacances au bord de la mer, ou que Grand-Mère venait manger le dimanche...

Comme je l'ai dit, je ne sais pas ce que signifie devenir adulte... mais mon intime conviction est qu'il ne s'agit pas d'un changement d'état qui s'opérerait en nous, mais bien d'un processus d'intégration de nos évolutions multiples...
On est adultes quand on réussit à faire coexister pacifiquement, un comportement responsable et respectueux avec nos rêves et notre authenticité d'enfant... Ce qui est beaucoup plus difficile qu'il n'y parait, car la vie se charge de nous mettre à l'épreuve, et que garder ses croyances naïves et sa confiance d'heureux dénouements, est l'épreuve suprême que l'on doit passer... pour accéder au statut de personne "grandie"...

Théorie et mots qui se jettent... sur un concept qui m'échappe, même avec le lasso de Zorro, pas facile de l'attraper pour une mise en mots impossible à contredire...
Pourtant... nous jouons tous au héros de notre vie... comme quand on était "petits"... et ce que l'on veut, c'est être aimé... et puis s'en sortir bien plutôt que mal...

Nous pouvons jouer en costumes, mais méfions-nous des carapaces...
l'habit ne fait pas toujours le moine, et peut cantonner à des rôles qui nous ressemblent peu... 

... / LW...

19 septembre 2011

L'inflexibilité constructive...

" Il y a des choses pour lesquelles une position sans compromis en vaut la peine. "
Dietrich Bonhoeffer

S'il est utile de savoir se remettre en question, et de cultiver l'esprit ouvert au doute, il est aussi nécessaire d'affirmer un positionnement clair et sans compromis sur certains sujets qui nous touchent particulièrement...

Il en va par exemple, de sa propre intégrité, savoir la préserver sans compromis, même si la tâche peut être parfois difficile, est une priorité si l'on veut pouvoir conserver son estime personnelle. Rien de pire en effet, que la petite voix de la conscience qui s'élève en critique acerbe et impitoyable, quand elle juge que le dire et le faire n'ont pas été équitablement servis...
On a de temps à autre, des choix douloureux ... Nous sommes seuls à mesurer quels éléments sont pour nous les plus importants pour le respect de notre intégrité, tant morale que physique...
La douleur du choix, n'est rien face à celle du regret... sauf à être totalement dépourvu de valeurs personnelles que l'on s'est choisies comme ligne de conduite...

La liberté est un autre domaine qu'il me semble important de faire figurer au palmarès, la défendre sans la brader au nom de compromis, qui nous réduisent nos capacités d'action et de pensée...
La liberté n'a pas de prix... certes... mais elle se paie cher quand même...
Si nous ne pouvons pas toujours faire valoir nos exigences de liberté d'action autant qu'on le souhaiterait, au moins faut-il sauver sa liberté d'esprit, et ne pas être asservis à aucune pensée ou idéologie extérieure à son champ de réflexion propre...
On peut nous restreindre dans nos mouvements, mais on ne peut pas nous ôter cette liberté fondamentale de penser par soi-même... à moins de lobotomie clandestine ou forcée... On peut être contraint par la force à garder nos pensées enfermées, mais on ne peut pas les empêcher de se développer librement en nous...
Le cerveau reste un territoire largement inconnu et incontrôlable... bien que de nombreuses recherches dans le domaine du "Mind Control" (contrôle de la pensée) soient entreprises depuis quelques dizaines d'années... Ces recherches me donnent des sueurs froides, rien qu'à imaginer ce qu'il pourrait en résulter si elles pouvaient être mises en pratique à notre insu... car on ne peut se défendre que lorsqu'on a conscience de l'attaque...
(Je ne souhaite pas développer ce sujet plus avant, car je trouve ignoble que des êtres humains, quasiment comme tout le monde, puissent songer à posséder le monde de cette façon, mais il est relativement aisé via Internet, de trouver pas mal d'informations sur le sujet, en s'intéressant aux dossiers concernant les Illuminati ou les recherches des laboratoires de la CIA. Je trouve ça triste un monde où les méchants existeraient pour de vrai, et je n'ai pas besoin de morosité, réelle ou inventée, supplémentaire...)

Les choix de vie que l'on fait font aussi partie des domaines où le compromis est délicat. Quand on s'engage, dans une voie qui revêt une importance capitale pour nous, il importe de savoir se battre pour la faire avancer...
Renoncer, ou l'aligner au rabais pour ne pas heurter des sensibilités ou par manque de courage, c'est déjà oublier ses rêves... Les rêves méritent qu'on se batte pour qu'ils s'accomplissent...
Les compromis sont tels des petits coups de canif à chaque fois. L'hémorragie est mineure, jusqu'à ce qu'une veine plus grosse soit touchée...

Les sentiments vivotent dans les compromis permanents, comme s'il ne pouvait pas y avoir d'autres choix... Je ne prône pas l'égoïsme, l'égocentrisme ou le ressenti sectaire, mais je ne pense pas que le compromis soit toujours la voie qui satisfasse...
Le compromis, quelque part, c'est quand on abandonne une partie de ses envies ou besoins, au bénéfice d'un marchandage "équitable".
Parfois le compromis ne coûte rien, il s'avère juste être une autre possibilité à laquelle on n'avait pas songé... Mais quand le compromis se fait renoncement ou déni de ce dont on a besoin au profit d'autrui, il faut tout de même s'assurer que ce "service" s'exerce à double sens, et non inévitablement à notre désavantage...

Etre inflexible de temps en temps, savoir exprimer des choix arrêtés nous renforce. Il ne faut pas craindre d'affirmer ce que l'on pense être juste, légitime et sincère pour éviter l'opposition ou la déplaisir d'autrui...
Nous avons tous le droit d'être ce que nous sommes, tant que cet engagement ne lèse personne...

Et puis... si nous ne nous chargeons pas nous-même d'exprimer nos exigences... n'est-ce pas lâcheté ?... 

... / LW...

19 septembre 2011

Le malheur de l'inutile...

" Le plus grand malheur qui puisse vous arriver, c'est de n'être utile à personne, c'est que votre vie ne serve à rien. "
Raoul Follereau


On peut s'interroger, se torturer l'esprit pour se trouver un but dans la vie, mais il y a pire que vivre sans but : c'est de n'avoir aucune raison de vivre... aucune utilité, à rien, ni à personne...
On peut vivre sans but, juste pour le plaisir d'exister... même si bien sûr, il arrive toujours un moment où l'on veut plus, que vivre pour vivre, poursuivre un but donne un sens à nos existences tout autant qu'une raison de vivre...
Quand on se sent utile, à quelqu'un ou à quelque chose, cela donne un sens, qu'on veut faire grandir encore... comme un but...

Si l'amour, au sens large du terme, est un sujet si universel, c'est qu'il contient en lui tous les éléments pour nous ressentir utiles... Aimer, c'est gagner une place unique, une légitimité, une reconnaissance que nous sommes... uniques... et irremplaçables...
L'amour produit ce miracle insensé, de nous permettre de nous aimer nous-mêmes, par les échos qu'il nous renvoie... L'amour est un moyen par lequel nous accédons à notre singularité, nous invitant par là, à nous accepter tels que nous sommes, et parce que nous sommes cette personne-là précisément...

Quand personne ne vous attend, jamais... nulle part... comment voulez-vous être pressé de vous y rendre ?...
Quand personne n'a besoin de vous... ou simplement envie de votre présence... comment voulez-vous avoir envie que cela dure encore longtemps ?...
Quand personne n'est là... pour vous écouter, pour vous comprendre... comment voulez-vous être heureux ?...

Etre utile nous donne de l'importance... et cette utilité reconnue, nous témoigne le plaisir ressenti grâce à à nos actes ou à notre présence...
Nous ne sommes pas utiles de la même façon aux regards de tous ceux pour qui nous sommes utiles.
Nous le sommes par ce que nous faisons pour certains, par ce que nous sommes pour d'autres, et à d'autres encore par ce que nous permettons ou pouvons rendre possible...
Mais peu importe la nature de cette "utilité" dès lors qu'elle est avérée... Elle nous comble, parce qu'elle nous rend vivant...

Avoir la sensation que sa vie ne sert à rien, de n'être utile à personne, et que si l'on disparaissait... rien, absolument rien... ne changerait pour personne... c'est un peu comme se sentir passager clandestin de la vie...
C'est éprouver un vide effrayant... qu'aucune possession matérielle ne peut combler...
On n'achète pas de raison de vivre, ni de but... On n'achète pas l'amour ni la reconnaissance... On n'achète pas la joie ni le plaisir, le bonheur est un chemin qu'il est difficile de poursuivre entièrement seul...

Oui... le plus grand malheur est d'être inutile... mais...
Est-ce à la vie de venir nous proposer de nous joindre à elle ?... ou bien à nous-mêmes de trouver en nous, ce que nous avons à lui proposer pour qu'elle nous reconnaisse ?...
Devons-nous attendre qu'un chemin qui nous appelle, croise notre trajectoire ?... ou bien, devons-nous défricher nous-mêmes, et construire avec nos mains et nos envies, la route qui nous convient ?...
Sommes-nous en droit de nous lamenter sur ce que la vie ne sait pas nous donner ?... Ou bien, devons-nous revoir d'abord nos manières de l'accueillir ?...

Nous ne sommes jamais seulement des victimes... il est aussi utile, de savoir prendre ses responsabilités face aux comportements que nous manifestons...
Et si nous les prenons nos responsabilités, alors nous devenons, obligatoirement utiles...

Il est extrêmement rare de n'être d'aucune utilité à rien ni à personne... à moins de vouloir y croire...

... / LW...

18 septembre 2011

Les petits cadeaux...

" Les petits cadeaux du destin entretiennent l'amitié avec soi-même. "
Jean Dutourd

Oh que oui !... Les petits cadeaux du destin, on les savoure comme une friandise. Et le plaisir qu'ils procurent nous allège tout le reste... Du coup, comme on se sent mieux, on s'apprécie mieux... On se réconcilie avec soi-même... C'est important d'être en paix avec soi...

"Entretenir l'amitié avec soi-même"... c'est d'abord se considérer comme une personne, mais plus que ça... se considérer comme une personne sous un regard différent, plus extérieur que celui que l'on se porte habituellement...
"L'amitié avec soi-même"... ça consiste à savoir appliquer l'empathie également envers soi-même... connaître ses qualités et supporter ses défauts... se pardonner et accepter ses forces ET ses vulnérabilités...
"Soi-même"... Comment peut-on être ami avec soi-même ?..."Soi-même" n'est pas une entité indépendante, "soi-même" c'est nous quoi !... Et nous avons tous conscience de ce "soi-même" qui vit en chacun de nous...C'est donc qu'il existe...
Quels liens entretenez-vous, vous... avec votre "soi-même" ?...

Les petits cadeaux du destin, c'est tous ces petits riens qui dessinent des sourires ou des clins d'oeil sur nos regards... C'est parfois presque rien... mais ça change presque tout...
Ces petits cadeaux, c'est rare qu'ils nous déçoivent... le destin connaît nos préférences s'il veut nous faire plaisir dirait-on...
Le plus beau finalement, dans le hasard, c'est ce côté un peu magique... Si l'on pouvait expliquer le hasard dans sa totalité, en démonter les rouages, on perdrait beaucoup de la vie... Si l'on n'avait plus cette part d'inconnu qui échappe à notre contrôle, la vie deviendrait vite sans espoir...

Le destin... Le mot parait démesurément grand à définir... On peut parler de destin sans rentrer dans le déterminisme ou le fatalisme. Le destin, c'est un peu comme une partie de billard : on a toujours le choix des coups, mais pas toujours de la maîtrise de leurs trajectoires...
On ne se rend pas compte à quel point, NOUS déterminons notre destin par les projections que l'on s'en fait... et les ricochets éventuels de nos choix...

Les cadeaux du destin nous sont d'autant plus doux qu'on les a vivement désirés... comme une demande qui se voit récompensée, comme une reconnaissance qu'on les mérite, comme un présent au moment présent...
Mais lorsqu'ils se font diable qui sort de sa boîte, sans qu'on s'y attende, ils sont aussi bien appréciés... C'est toujours agréable de recevoir des petits cadeaux, non ?... Parfois, il y en a de très beaux, très bien emballés mais qui n'égalent pas l'éclat de leur papier ; d'autres peu esthétiquement chiffonnés et ceinturés de bolduc engagent peu l'envie... mais se révèlent au final receler de vrais trésors...

Ne pas se fier à l'emballage, accepter et remercier...
Se rappeler que le destin est toujours avec nous, de NOTRE côté... et que donc s'il nous fait un cadeau , il n'est ni piégé ni empoisonné... Acceptons-le !...
Arrêter de se poser des questions quand en un instant, notre vie bascule dans la magie, mais au contraire, ressentir ce privilège sans l'interroger, et lâcher toute envie d'en savoir davantage...
Débrancher, goûter et apprécier...

Les petits cadeaux du destin... comment pourrait-on s'en passer ?... ...

... / LW...
18 septembre 2011

Jusqu'au bout...

" Aller jusqu'au bout, ce n'est pas seulement résister, c'est aussi se laisser aller. "
Albert Camus

Beaucoup considèrent en employant l'expression "aller jusqu'au bout", que cela va nécessairement de pair avec : efforts soutenus, harassement, résistance, etc...
L'image tend à impliquer l'engagement maximum, le dépassement de soi, la lutte jusqu'à la victoire...
Or, aller jusqu'au bout indique juste l'achèvement, l'objectif atteint ou la limite possible... Parfois pour aller jusqu'au bout, ce n'est pas la résistance qui compte, mais au contraire le lâcher prise, l'abandon, l'abaissement de toutes nos défenses et résistances...

Aller jusqu'au bout est un acte de volonté, c'est mener à terme un projet réfléchi et auquel on tient généralement, ou en tous cas qui nous est important, ou dont la récomprense espérée, est motivation suffisante pour nous donner envie de le réussir dans son intégralité...
Néanmoins, les moyens de conduire de "projet" quel qu'il soit, ne sont pas toujours constants et identiques, il faut sans cesse adapter ses actes et ses efforts en fonction des réactions rencontrées sur le chemin de notre objectif, et des défi du moment...

Résister, c'est faire des efforts pour opposer sa force, sa volonté ou son droit, contre des éléments ou des circonstances contraires, concurrentes ou défavorables. Cela implique une tension continue, une concentration et une appréciation de ses propres forces...
Résister, c'est défier ses propres possibilités, incluant s'il le faut de repousser ses limites propres, voire même de les faire voler en éclats...
Résister, c'est maîtriser l'enchaînement des évènements, c'est être persuadé que l'on a en mains les clés du dénouement, c'est choisir la confiance en soi, en mettant à l'épreuve sa détermination...
Il faut savoir se donner les moyens d'aller jusqu'au bout, et ne pas rechigner à consentir tous les efforts qui nous semblent nécessaires ou utiles pour y arriver. Mais, comme tout revers a sa médaille, la réussite ne demande pas que de la sueur et du stress...

Se laisser aller, c'est parfois la seule chose qui manque, pour arriver à atteindre l'objectif. C'est aprfois en lâchant prise qu'on arrive au bout...
Se laisser aller, c'est un peu comme après avoir gravi des marches ou une montagne... après les efforts, se donner la chance de savourer la récompense...et se laisser glisser avec joie vers le but désormais en vue et acquis...
Se laisser aller, c'est sentir l'importance du moment, se rendre compte des efforts déjà consentis, et se féliciter du parcours, prendre la mesure de ce qui a déjà été fait, et y puiser dans ce contentement et cette fierté, la détente qui nourrira les efforts futurs...

Comme un rythme respiratoire, inspirer/expirer, résister/relâcher... Une bonne respiration oxygène tout le corps et détend les muscles, de la même façon une bonne alternance de tension et de relaxation, de maîtrise et de lâcher prise nous garantissent un meilleur équilibre de vie...
On ne peut pas fonctionner sous tension constante, les voyants se mettent à clignoter, et si l'on n'y prend garde, en peu de temps... les stress est là et nous dévore... comme un loup quand il rencontre un Petit Chaperon Rouge...

Aller jusqu'au bout... et bien justement pour l'atteindre ce bout, il ne faut pas résister jusqu'à en mourir d'épuisement, mais bien se ménager des moments qui nous permettent de retrouver la force de continuer à résister. Nous ne sommes pas des robots... Ni notre mécanique, ni notre mental ne peuvent être soumis à une résistance permanente. Notre corps et notre mental sont aussi équipés pour le laisser aller...

Sachons utiliser TOUTES nos potentialités...
La réussite s'atteint peut-être même plus vite dans la sérénité que dans l'angoisse... ...

... / LW...

19 septembre 2011

Résonance cérébrale...

" Il y a des mots que l'on entend longtemps après qu'ils aient été prononcés. "
Christine Orban

Dans l'acte d'entendre, comme dans celui d'écouter, nos oreilles ne sont pas les seules parties prenantes... Organes de l'audition, elles sont celles, par lesquelles se propagent en nous, les ondes modulées par la voix de l'extérieur, premières sentinelles d'accès à notre conscience, mais seulement fraction minime de nos sens, dans ce mécanisme réflexe, qui sert de porte d'entrée à la réflexion...

Le cerveau capte ces modulations sonores, et les transporte... en traductions de sens qui nous permettent alors de comprendre, de saisir une signification induite, qu'enfin l'on reçoit en tout entendement...
Entendement... quel drôle de mot pour synonyme de raison, compréhension, capacité de concevoir les choses... il peut même aller jusqu'à signifier : "intelligence"...
L'intelligence viendrait-elle de ce qui nous vient aux oreilles ?...


" Il y a des mots que l'on entend longtemps après qu'ils aient été prononcés"...
Ces mots-là sont souvent ceux qui sont très chargés émotionnellement, qu'on a reçus par surprise, ou bien au contraire, qu'on a désiré longtemps avant que nous soit donné le bonheur de les entendre...
Ces mots qui résonnent, qui tournent en rond dans notre cerveau, comme des poissons rouges dans leur aquarium... et qui semblent se réinitialiser à l'infini... Ces mots-là, sont emplis d'un sens symbolique particulier, dont il nous faut trouver la voie d'accès, si l'on veut s'en libérer...

Les mots d'amour aiment à jouer dans ce registre, accompagnés du timbre particulier de la voix, quand elle se laisse porter par ses "je t'aime" à peine voilés, qu'elle libère enfin en paroles...
Les mots d'amour clairement énoncés, se mettent à bégayer à loisir comme sur un disque rayé, pour nous faire réécouter ses harmonies qui nous touchent, aussi sensuellement que les gestes qui parfois les remplace ... ou les dissimule...
Les mots d'amour continuent de résonner bien au-delà de leur fréquence, surtout quand ils se font rares à l'oreille qui attend...

Les mots durs, les mots blessants, les mots qui doutent... eux aussi parfois, tournent et se retournent, comme une torture sans fin, un robinet qui fuit au goutte à goutte et dont on ne parvient pas à neutraliser le bruit...
A force de se répéter, et de se cogner si fort contre nos interrogations, ils finissent par nous meurtrir l'âme, et nous donnent des migraines de doute, de colère ou de culpabilité, contre lesquelles n'existe aucun médicament miracle...
Des mots de l'inadéquation, des mots échappés par inattention, des mots captés par hasard... des mots qui ne nous sont parfois même pas familiers, ni totalement destinés... mais qui se sont égarés en nous comme des bêtes sauvages terrorisées par un enfermement soudain dans un espace réduit, dont ils ne savent pas, comment ils pourront s'en échapper...

Il y a aussi... les mots qui font vivre le souvenir, et projette encore et encore, le film qu'on a déjà rembobiné plusieurs fois... mais que l'on prend plaisir à revoir, encore et encore... Parce qu'on aime les retrouver, chaque fois les mêmes, intacts, insensibles au temps qui passe...
Le temps ne déforme que ce qu'il nous plaît de voir se modifier, car il sait aussi garder en l'état les émotions et sensations associées, quand leur rappel à l'identique, est pour nous gage de leur importance...
Les mots du souvenir sont comme des photographies auditives, mais leurs mélodies ne jaunissent pas avec les années, à la manière des couleurs qui fuient les photographies... Leur intonnation et leur justesse sont fidèles à leur première écoute....

Oui, il y a des mots que l'on entend longtemps...
Et parmi ceux que vous prononcez, et que vous prononcerez un jour, il y en a aussi...  ...

... / LW...

19 septembre 2011

Nécessité est mère de tous les impossibles...

" Vous ne sauriez croire avec quelle facilité l'impossible se fait dès qu'il est nécessaire. "
Anatole France

L'impossible n'est qu'une vue de l'esprit qui ne distingue pas comment les choses peuvent se faire...

Nous avons besoin de faits, de certitudes et de stabilité, de logique et de raisonnement, de réalité... mais aussi de rêve et de magie, d'espoirs et d'illusions, de miracles et d'impossibles...
Nous ne voyons des choses que ce que notre état de conscience du moment présent nous en laisse paraître... On ne peut pas résoudre un problème qui nous parait insoluble sans changer d'angle de vue. Quand toutes les solutions semblent épuisées, il reste un immense terrain de jeu pour l'invention, pour l'imagination débridée puisqu'on ne croit pas à la résolution du problème : quand nous n'avons plus les limites de la faisabilité, nous pouvons désintégrer notre réalité et notre problème pour le transposer dans un monde fou qui accepte tous les possibles...

C'est cette désintégration de nos frontières qui permet à la créativité de trouver des chemins différents, qui donne la liberté de tout oser... puisqu'on met de côté l'enjeu et qu'on s'adonne à l'exercice uniquement parce que l'on est désabusés...
Faire tomber les limitations, c'est s'ouvrir sans plus aucune inhibition, laisser entrer l'extérieur dans nos représentations biaisées et se rendre disponible à toute éventualité...
C'est en changeant la notion de "problème" en une simple "gestion de situation" que l'angoisse et l'inquiétude se font distancer. Regarder la réalité bien en face, savoir qu'elle est difficile, que l'intervention d'un marabout serait fortement appréciée pour conjurer un sort qui menace de nous engloutir... et s'aventurer dans les broussailles de la conjecture et de la condition nous autorise à envisager de multiples façons de réagir...

La situation est parfois autre : l'impossible nous surprend avant même qu'on ait eu le temps de douter de sa probabilité : il vient en s'imposant comme une évidence... On met cela sur le compte de la chance ou du hasard. On ne sait pas comment cet impossible a été rendu possible, mais en fait... on ne cherche pas trop à connaître le pourquoi du comment... La situation-problème ayant été résolue, les moyens importent peu...
On attend parfois beaucoup de l'impossible... mais finalement jamais trop, car c'est le propre de l'impossible de dépasser nos capacités à le concevoir...
L'impossible est un infini dont l'imagination ne pourra jamais faire le tour...

Quand ayant examiné la situation problème sous tous les angles et que l'on se trouve dans l'impossibilité d'y faire face, nous avons toujours deux choix : le premier est de sombrer dans le désespoir, l'inquiétude ou l'angoisse, le second est de lâcher prise...
Sombrer dans le désespoir ne résout rien, et pire... nous focalise sur la souffrance ou la douleur ou la frustration ou la colère... peu importe quoi d'ailleurs, mais en tous cas sur une négativité qui mine notre capacité à réagir...
Lâcher prise ne résout rien non plus, mais... cela écarte momentanément l'obsession de la situation qui nous a envahie. Laissant de côté le problème, on se recentre sur soi, sur ses aspirations, sur ses besoins, ses envies, ses rêves, ses espoirs... On passe en revue tous les possibles dont on rêve, et ce focus sur des choses qui nous motivent positivement, sans que l'on s'en aperçoive... nous apporte un autre regard...

Lâcher prise c'est oublier sa volonté de contrôler, c'est accepter de ne pas tout maîtriser... Et quand on accepte cela, alors des solutions qui nous semblent "extérieures" se présentent spontanément. Quand nous ne sous sentons plus l'entière responsabilité de notre devenir, mais que nous laissons une part, pour l'inconnu qui régit toute vie humaine au cours de son itinéraire, alors nous permettons à cet "inconnu" de se manifester...
C'est l'impossible qui frappe à notre porte pour s'inviter au dessert...

La nécessité nous aide à nous surpasser dans tous les domaines, tant physiques, psychiques qu'émotionnels...
...

... / LW...

19 septembre 2011

Le Bien, le Mal..

" L'homme souhaite un monde où le Bien et le Mal soient nettement dicernables car est en lui le désir inné et indomptable, de juger avant de comprendre. "
Milan Kundera

Le Bien et le Mal fondent la morale ; la morale permet d'encadrer les moeurs et les comportements, voire même la façon de penser. La distinction entre le Bien et le Mal doit être nette : tout acte doit pouvoir pencher d'un côté ou de l'autre, la neutralité n'existe pas...
On peut ainsi appréhender le monde facilement avec deux gros filtres de jugement simplifié... un cadre de référence qui nous évite bien des réflexions... des repères rassurants pour guider notre opinion...

Distribuer les évènements de la vie selon ces deux axes, c'est inévitablement porter un jugement. On ne fait pas toujours les choses parce qu'elles sont bien, ou parce qu'elles sont mal... De plus, nos possibilités d'action sont parfois restreintes, et l'on choisit par dépit le moindre mal...
Utiliser ce genre d'outils pour évaluer la vie est réducteur... au-delà de la notion du bien et du mal existent d'autres éléments qui déterminent nos agissements... au-delà de la morale, il y a des histoires de personnes qui interagissent les unes avec les autres... au-delà de la vue d'ensemble extérieure que nous regardons, il y a une multitude de raisons et d'enchaînements, qui font que le cours des choses est sans cesse évolutif, pas toujours "raisonnable" en termes de bien, de mal et de morale...

La morale, et plus encore la moralité, sont avant tout véhiculées grâce à l'opinion publique, cette foule de "on" silencieux, qui se dresse comme un mur à facettes, et qui nous projette ses images admises et "rassurantes"...
La dictature du "on" est régime insupportable. Loin des grands héros de cape et d'épée, le grand "On" traque de la pointe de sa bonne conscience collective, tous nos actes "subversifs" à sa sphère de pensée... Sans rien remettre en cause de sa véracité et de sa légitimité...
Juger du bien et du mal permet de s'identifier à un groupe de pairs, de se reconnaitre appartenant à une communauté... au lieu de se sentir seul devant un carrefour de pensée en quelque sorte, avec des directions pas assez claires à prendre sans réflexion préalable...

Juger prend moins de temps que comprendre... L'économie du temps d'écoute, de réflexion et de remise en question y est sans commune mesure. A partir du moment où l'on dispose de pattern de jugements bien établis, le jugement peut se faire à la chaine, pas besoin d'examiner à la loupe les cas particuliers.. Et puis l'erreur étant humaine, même si ce mécanisme primaire comporte quelques failles, il représente un tel point de repère, que les erreurs de jugementavérées... ne peuvent pas à elles-seules, tout remettre en cause...
Le manichéisme est simplification... ce côté pratique séduit beaucoup, nul besoin de se retourner les neurones, c'est un peu comme dans ces jeux collectifs de loto organisés en salle les dimanches de pluie... quand on nous dit de cocher telle case, on la coche et c'est tout. Quand on nous dit "c'est bien", on met ça du "bon côté", et quand on nous dit "c'est mal",de l'autre côté...

Bien sûr... parfois il y a des "cas de conscience", quand les limites de frontières sont floues, quand d'autres éléments sembleraient mériter d'être pris en compte... Le surmesure est plus difficile à assumer... et ne s'examine malgré tout qu'à la lumière du cadre référent, même si on le sait bancal...

La question est pourtant essentielle... Ce sont nos jugements sur les choses qui font notre vie... ...

... / LW...

 

18 septembre 2011

Portes de la perception...

" Nos blessures sont nos plus grandes richesses : elles maintiennent ouvert le chemin du coeur. "
Pierre Lévy


J'ai souvent constaté que les gens qui dégageaient la plus grande sérénité, avaient connu des épreuves terribles... J'ignore si j'aurais eu à leur place, la force de les surmonter : la maladie, le décès d'un enfant, la torture... On ne peut pas prévoir la façon dont on peut réagir quand notre monde s'écroule ou bascule dans une dimension que l'on peine à prendre pour réelle... et qui pourtant nous assène sa vérité avec cruauté et violence ...

La souffrance, la douleur nous métamorphosent... Ce que l'on appelle l'instinct de survie, c'est cette force qui nous pousse à toujours continuer, même quand tout autour de nous, nous devient hostile... C'est cette force inconnue qui alimente l'espoir, qui fait miroiter au fond de la nuit ses reflets rassurants, qui nous donne les coups de pied au derrière qui nous font avancer... encore... encore un peu... jusqu'à ce que nous puissions nous relever et prendre en charge nous-même cette envie transitoire d'abandon, qui peut nous submerger...

Quand nous avons dépassé nos épreuves, que nous nous tenons à nouveau debouts, seuls devant la vie avec notre douleur derrière, on a parfois les cicatrices qui démangent... parce que les blessures sont inévitables... On ne peut en sortir indemnes totalement... Au cours de ces tremblements de vies, ces tsunamis personnels, nous laissons toujours une part de nous... que nous reconstruisons ensuite des ruines de l'histoire...

Les blessures nous rendent plus sensibles... à celles d'autrui... parce que narcissiquement, par effet miroir, nous nous y reconnaissons... Nous pouvons ainsi manifester plus facilement de l'empathie parce que nous savons, nous avons fait l'expérience de la douleur, et pouvons la comprendre, à notre échelle...

Oui... les blessures maintiennent ouvert le chemin du coeur... La frustration aigrit,mais la douleur rend humble... La douleur, la souffrance, portent en elles une part d'incompréhensible, on ne sait jamais vraiment pourquoi elles nous sont infligées... mais elles nous permettent une fois surmontées, de savoir reconnaître les vraies richesses de la vie, et de savoir distinguer avec discernement l'importance des choses...

Ces moments où nous nous trouvons dans la détresse changent nos visions du monde... pas seulement dans l'instant, mais pour toujours... Les épreuves sont temporaires, elles arrivent inévitablement à un dénouement, on y apprend que tout finit toujours par finir, qu'il faut apprendre à faire avec le temps, en serrant des dents s'il le faut...
Mais on y apprend aussi d'autres choses : qu'on a des capacités qui ne se révèlent que dans l'adversité, que les gens ne sont pas que des gens, mais aussi des personnes... et qu'il ne faut pas négliger l'importance d'un mot gentil ou d'un sourire, qui fait parfois office de miracle...

Les épreuves nous forcent à sortir de nos défenses qu'elles pulvérisent sans aucun égard, nous mettent à nu, et nous obligent à trouver d'autres réponses en nous mettant devant des interrogations jamais envisagées jusqu'alors...
Les épreuves nous rendent vulnérables et donc ouverts à toute solution envisageable... Elles remettent tout en question... Le bilan de sortie est mitigé : négatif quand nous refusons d'accepter que ce que nous avons perdu ne reviendra jamais, positif quand nous l'acceptons, et que nous comprenons aussi ce qui humainement, y a été révélé...

Pourquoi faut-il passer par la blessure pour maintenir ouvert le chemin du coeur ?...
Ne pouvons-nous pas construire ce chemin, et l'entretenir nous-même, sans y être forcés ?...

... / LW...

18 septembre 2011

Rapport d'effets sur conséquences au carré...

" La valeur d'un hasard est égale à son degré d'improbabilité. "
Milan Kundera

(...&&&...)


On perçoit souvent le hasard comme une bénédiction, parlant "d'heureux hasard", de coïncidence... et on le juge d'autant plus heureux qu'il correspond à l'expression de nos souhaits... Plus le hasard est improbable, plus on le savoure s'il se présente...
Le hasard semble nous suivre en pointillés, il se décline par bribes, comme des petits coups de baguette magique qui frappent sans prévenir
... orchestrés par une bonne fée dont on ignore tout... ou presque...

Tout ou presque, parce que... le hasard semble obéir à des lois qui nous échappent, c'est un fait, mais il devine si bien nos aspirations, que parfois cela semble presque un peu louche. Il se nourrit de nos pensées intimes, et s'il les juge dignes qu'on leur donne une chance, de changer notre réalité, la magie s'opère...
Expression du souhait, examen par le hasard, coïncidence : tel apparait être le scénario
...

La survenue de hasards heureux renforce la confiance
... Plus la "vie" nous surprend, et plus on a envie d'être émerveillés... On peut planifier tout ce que l'on veut, on peut rêver tous les possibles, la réalité fait le tri de nos fantasmes, et accouche de ceux qui lui paraissent être les meilleurs pour nous...
Que les choses arrivent ou n'arrivent pas comme on les aimerait, est sans doute la meilleure solution qui nous corresponde. Cette idée me plaît, car elle permet d'accepter les évènements comme ils viennent, et de savoir qu'un plaisir différé n'est pas obligatoirement un plaisir assassiné pour toujours...

Il y a dans le hasard une force de vie que nous serions incapables de projeter, et dans laquelle l'impossible apparait comme un simple différé, qui n'enlève rien à sa probabilité de réalisation. C'est par des voies souvent surprenantes que le hasard nous manifeste son soutien dans ce qui nous tient le plus à coeur... et dans nos affaires de coeur aussi...
Le hasard est comme un réservoir de bonheur, dont les gorgées rafraîchissantes nous délectent l'âme et le coeur... et nous font apprécier le rythme cahotique de l'existence, un pas en réel, deux en apnée, un pas au hasard, puis une envolée...

Il est vain de vouloir estimer le taux d'improbabilité des choses. Ce taux ne peut se référer à aucune échelle de mesure et ne tient qu'à la puissance de notre croyance en la magie de la vie. Croire une chose impossible, c'est la meilleure façon de l'empêcher d'arriver : il faut croire à l'impossible jusqu'à en obtenir la preuve du contraire... Tant qu'on n'a pas la certitude de l'impossibilité des choses, restons sur une présomption de possible... Rien ne sert d'anticiper un verdict douteux sans preuve irréfutable...

Que serait la vie sans l'intervention de ce facteur aléatoire ?...
Si l'on pouvait tout prévoir, tout savoir et tout connaître, l'espoir deviendrait alors recours desuet et hors de propos... Quelle tristesse qu'un monde où le rêve deviendrait assujetti au seul monde de la nuit et de l'inconscience !...
Célébrons le hasard, acceptons ses rendez-vous impromptus, et étreignons-le à chaque rencontre comme on le ferait d'un vieil ami, qui nous donnerait solide appui par sa sagesse et son discernement...

Le hasard n'exprime son improbabilité que pour les sceptiques qui veulent rationnaliser toute chose... Le hasard est la récompense que l'on obtient quand on visualise ce que l'on veut vraiment, et que l'on se confie à son pouvoir, pour nous aider à atteindre nos envies...
Que les choses semblent ou non improbables, ce n'est pas à nos rêves d'en juger...
...

... / LW...
17 septembre 2011

Le modeste intérêt de la curiosité...

" On peut vivre sans bonheur... mais, quel est l'intérêt ? "
David Baird

Le bonheur n'a aucun caractère d'obligation, chacun est libre de mener la vie qui lui plaît... Et puis le bonheur étant affaire très personnelle, simple vue de l'esprit ou attitude, il est terriblement difficile d'en faire un leit-motiv explicite...
Toutefois, ne pas souscrire à cette possibilité amoindrit fortement le sens de la vie...

C'est vrai, quel intérêt pourrait avoir une vie au cours de laquelle on n'aspirerait pas au meilleur ? ... A moins d'être masochiste, ou de penser pieusement que Dieu donnera la vie éternelle de joie, paix et amour qu'au prorata de la souffrance et de la douleur endurées, cela ne présente vraiment aucun intérêt !... Et même comme ça... les promesses, les promesses... paroles qui s'envolent... Si jamais au sortir du cercueil, y a pas de comité d'accueil... ceux qui y ont crû, risquent de regretter amèrement l'aventure... et de se dire que s'ils avaient su... hein !...

La poursuite du bonheur est un thème récurrent depuis que l'humanité s'est mise à chercher un sens à sa destinée. Chacun y va de sa théorie, de ses recettes, de ses rêves... et pourtant fait ce qu'il peut...
Est-ce que le bonheur est un but en soi, une finalité ou une utopie après laquelle on court pour meubler notre espace-temps et lutter contre l'absurdité inhérente de la condition humaine si elle s'entendait sans aucune signification plus complète ?...

Quand on y réfléchit un peu, on conçoit souvent le bonheur comme quelque chose qui aurait une existence propre. Or, nous savons tous de façon pertinente que le bonheur est présent par éclat chaque jour de notre vie, et non en ligne continue sur une période donnée.

Des tas de petites choses de la vie quotidienne nous procurent un plaisir, une joie, un bonheur, un sentiment de légèreté ou de plénitude par petites touches, comme les gouttes de pluie qui s'abattent au sol... et qui finissent par faire un ruisseau...
Le truc c'est que nous ne voyons pas notre ruisseau, ni n'en évaluons le cours et la profondeur, attachés que l'on est à compter les gouttes séparément...
Qui plus est, ces gouttes de bonheur ne tiennent souvent pas à la richesse, à la position sociale ou au pouvoir, mais bien à de petites interactions que l'on a avec d'autres, ou à des sensations que l'on éprouve. Le bonheur est un état d'esprit, un lâcher prise, une relativisation de l'importance des choses et du sérieux qu'on leur accorde...

Nous bénéficions de gouttelettes diverses et variées, qui rafraichissent nos vies enfiévrées ou épicent la fadeur de certains jours...
Un parfum qui nous envahit... et pas seulement dans le phénomène olfactif qu'il suppose...
Une musique qui nous rythme la pensée et qui fait tourner les mots en une danse entrainante...
Une image qui nous saisit par sa beauté fugace qui s'inscrit dans l'instant...
Une sensation de plaisir que l'on ressent en mangeant un mets qui nous ravit particulièrement...
Un sentiment qui nous rapproche l'espace d'un moment d'une autre personne et qui pointe notre identité humaine...
Il y a plein de gouttes qui dégoulinent tous les jours... Peut-être simplement que l'on y est pas assez attentifs... ou que l'on en veut trop...

A bien y réfléchir, je pense même, qu'avec la meilleure volonté du monde... il est impossible de vivre sans bonheur : celui-ci suinte de tous les aspects de notre vie... Seulement, nous sommes avares de lui donner nom, de l'identifier comme tel...
Une vie totalement désertée à chacune de ses secondes, par le bonheur... là est véritablement l'utopie... Il y a toujours eu et il y aura encore de magnifiques soleils qui se lèvent ou se couchent... des senteurs de printemps qui titillent les narines... des oiseaux qui chantent et des enfants qui rient en jouant à se cacher... des gens qui sourient sans raison... et de l'espoir pour que ça dure encore comme ça quelques temps...

Et quel est l'intérêt du bonheur ?... On reçoit en intérêt ce qu'on a planté comme graines de joie...

... / LW...

17 septembre 2011

L'enveloppe visuelle...

" Les seuls beaux yeux sont ceux qui vous regardent avec tendresse. "
Coco chanel

On ne voit bien que dans les yeux... l'essentiel s'y reflète... pour paraphraser une célèbre phrase de Saint exupéry !...

Les yeux sont des fenêtres ouvertes sur l'être intérieur. Autant les mots sont trompeurs et peuvent se manipuler, autant il est difficile de manipuler son regard... Certainement qu'il existe quelques experts en la matière, mais c'est un exercice extrêmement difficile pour le commun des mortels.
Nos yeux accompagnent nos émotions, qu'elles soient agréables ou désagréables.
..
Quand on sourit, et que l'on sourit vraiment, nos yeux ont un éclat qui ne permet pas d'erreur d'interprétation, ils contribuent à éclairer notre visage, bien plus encore que nos rictus de joie...

La tendresse, ça peut-être des gestes qui témoignent de notre attention et de nos égards, mais plus que tout, c'est un état de l'être, et comme tel, il passe par notre regard. Nos yeux sont tableau vivant de nos états d'âme...
Le regard est action sur la vie, dans la mesure où comme un miroir, il renvoie celui qui s'y confronte à un ressenti.

Les regards noirs effraient de leur portée de colère, et nous poignarde sans aucun geste ni mot.
Les regards interrogateurs attestent d'une incompréhension et demandent un éclaircissement même sans formulation orale.
Les regards qui toisent et défient, nous font entrer dans une lutte de pouvoir, qui vise à le faire dévier...
Le registre des regards est vaste, mais nous savons en général quelle interprétation donner, sorte de connaissance innée...

Evidemment que les plus beaux yeux sont ceux qui nous contemplent avec tendresse. Ils n'ont aucun but, aucun intérêt, aucun questionnement, ils sont... tout simplement, sans intention aucune et déjà pleinement entiers...
L'expression de la tendresse est magique puisqu'elle comble à la fois celui qui la porte et celui qui la reçoit.

L'essentiel est parfois visible avec les yeux, quand le coeur s'élève jusqu'au regard...

... / LW...

17 septembre 2011

La poule et l'oeuf...

" J'ai des questions à toutes vos réponses. "
Woody Allen (...+++...)

Il y a toute une catégorie de réponses que l'on prend pour vraies et établies, sans chercher à les remettre en cause... comme s'il était impossible de les examiner sous un autre angle. Peut-être aussi parce que c'est plus simple... on a déjà tellement de questions sans réponses, on neva pas, en plus se mettre à douter de nos certitudes !...

Pourtant, il serait bon parfois de regarder certains acquis avec un oeil nouveau, pour la seule raison, que tout change, et que le monde qui nous entoure n'étant pas statique, certaines évidences acquises peuvent présenter un caractère désuet...
Dans la logique, la réponse suit la question. Mais doit-on prendre la logique comme base de réflexion ?... Si on ne comptait que sur elle, beaucoup de sujets de discussion ne pourraient jamais voir leurs hypothèses se faire jour... La logique est utile essentiellement dans les résolutions pratiques, mais de nombreux domaines lui sont peu accessibles (sentiments, spiritualité, hasards, et même pour les prévisions météo...) Ainsi, la logique peut toujours être remise en cause...

Les réponses sécurisent... Elles permettent de passer d'un état de questionnement, et donc d'incertitude, de recherche de sens, à un état d'apaisement par les nouvelles vérités qu'elles énoncent, et qui confortent l'ordre du monde que l'on s'établit ainsi...
L'esprit humain a besoin de repères stables, la mouvance effraie ses croyances... Car qui dit mouvance implique aussi la diversité, la disparité et l'absence de vérité possible...

Si aucune réponse unique ne peut être apportée à une question, on met au point tout un panel de théories, dont on pense qu'elles reflètent exhaustivement tout ce qui peut être pensé comme réponses.
L'enseignement philosophique relève de cette optique, pour chaque thème abordé, on fait le bilan rapide des apports consignés à travers le temps par ceux que l'on considère comme les "grands penseurs" ayant fondé les bases de la pensée. On part des époques reculées, et on avance à travers le temps et l'évolution des croyances et des connaissances jusqu'à rejoindre notre époque, et décider parfois, que la réflexion est arrivée au paroxysme du possible...
Mais la réflexion peut-elle jamais être finie ?... S'il existe bien un domaine pouvant prouver l'existence de l'infini, c'est bien celui de la pensée, de la réflexion...

Nous sommes à un carrefour temporel... Les nouvelles technologies, en révolutionnant nos modes de communication, opèrent des changements de tous ordres, et remettent en question beaucoup d'"acquis" qui semblaient figés. De nouvelles questions viennent sans qu'on y fasse très attention, bouleverser les réponses que l'on croyait détenir...
L'immédiateté des choses permise par cette révolution technologique nous fait vivre dans un espace-temps nouveau, nos repères ne sont plus les mêmes...

Beaucoup de réponses sont prises pour acquises du fait de l'impossibilité de les vérifier. C'est parfois le manque de connaissance, qui nous fait nous rallier à un point de vue plutôt qu'à un autre. Mais là aussi, l'ère de l'Internet, en nous ouvrant une fenêtre immense sur le monde, balaie les croyances erronées... Nous avons à tous moments, la possibilité d'accéder à une mine de renseignements sur à peu près tous les sujets... et nous pouvons choisir en toute liberté les points de vue qui nous séduisent le plus...
En prenant conscience de cette diversité, mise à notre portée, on acquiert aussi la liberté de formuler soi-même ses propres réponses en fonction de la compilation que l'on aura faite, des informations déjà réfléchies quel'on aura pu glaner...
Et l'on peut donc... formuler des questions d'après les réponses...

Et puis ...les réponses... ça n'est pas toujours le plus important...
Comme pour les destinations, ce n'est pas toujours le but qu'il faut viser, mais le voyage...

... / LW...

14 septembre 2011

Sur la route...

" Chaque fois que quelqu'un croise notre route, il porte un message pour nous. Les rencontres de pur hasard n'existent pas. C'est notre manière de répondre à ces rencontres qui détermine si nous recevrons ou non le message. Si, lorsque nous parlons avec celui qui croise notre chemin, nous ne voyons pas le message qui se rapporte à nos questions, cela ne signifie pas qu'il n'y avait pas de message. Seulement que nous ne l'avons pas découvert. "

extrait de "La prophétie des Andes" de James Redfield

 

On rencontre toutes sortes de personnes au cours de notre vie. Avec certaines nous entretenons des liens d'amitié, d'amour, de courtoisie... de haine, de rivalité... Les personnes qui nous enrichissent positivement nous font la vie plus douce, et pour les autres, nous nous demandons souvent à quoi elles peuvent bien nous servir... Pourtant toutes ont leur utilité en nous permettant de nous poser des questions que l'on n'aurait pas eu le loisir de se poser si elles n'avaient pas croisé notre route.

Si l'on aborde la vie, et les personnes que nous rencontrons sans voile et sans masque, mais avec sincérité et authenticité, on peut découvrir l'humanité qui nous relie tous... même chez les personnes qui nous hérissent, il y a un être humain... C'est aussi le rôle de chacun d'arriver à comprendre qu'au-delà du jeu social, nous ressentons tous les mêmes difficultés à vivre, la même solitude intérieure quand on se sent inapte à réagir ou à répondre comme notre coeur nous le conseille, parce que... nous ne sommes pas des êtres parfaits, seulement des êtres humains.... et notre égo, notre mental essaie souvent de dominer nos sentiments véritables.

Chaque personne que nous rencontrons nous met en relation avec certaines facettes de notre personnalité, et fait résonner différemment notre diapason d'émotions. Ce qui nous fait réagir négativement à l'égard de quelqu'un, c'est parfois tout simplement l'impossibilité de communiquer, l'impossibilité de dépasser nos égocentrismes respectifs, l'impossibilité d'éprouver de l'empathie ou la difficulté de faire comprendre à l'autre que l'on est aussi vivant que lui même si l'on est différent.

On met quelquefois trop longtemps à décrypter le sens d'une relation présente ou passée. Cela peut être dûe à une volonté de ne pas comprendre le message aussi... La vie est une sorte de jeu d'interrelations qui fait que nous cherchons parfois un sens là où notre rôle consiste seulement à être porteur d'un message à l'autre... Nous ne sommes pas là seulement pour recevoir... mais aussi pour donner... C'est l'aspect le plus difficile à comprendre pour tous ceux qui manquent de confiance en eux : comprendre que la vie leur fait confiance pour en aider d'autres...

Alors... Vous... qui croisez ma route ici... qu'en pensez-vous ?...

 

... / LW...

 

14 septembre 2011

Hein ?...

" Ecouter... c'est encore ce qu'il y a de mieux pour bien entendre. "
Beaumarchais


Combien de fois avons-nous (eu) l'impression de parler sans être entendu, ni compris ? Combien de fois écoutons-nous sans entendre ce que signifient les mots qui nous arrivent par l'intermédiaire des oreilles ? Nous sommes dans le monde de la communication, pourtant... la communication entre les personnes va au plus mal. Nous entendons ce que nous désirons entendre, nous nous écoutons, les uns les autres, aussi distraitement que l'on prête l'oreille aux émissions de télévision ou de radio. Pour preuve de ce que j'avance, la multiplication des "psy" en tous genres et des coach de vie... Si nous n'avions pas ce sentiment de ne pas être entendus, ni écoutés, pourquoi aurions-nous besoin de s'allonger sur un divan anonyme pour enfin avoir le sentiment de pouvoir être écouté ? Comment expliquer la misère émotionnelle qui gangrène le monde actuel ?

Nous sommes exposés sans même nous en rendre toujours compte à un monde ultra-violent, qui véhicule beaucoup d'émotions négatives
. Nous déléguons l'éducation de nos enfants à des tas de professionnels, comme si l'éducation n'était que transmission d'informations intellectuelles que l'on peut apprendre de la même façon que le raisonnement logique ou le savoir-faire artisanal. Nous espérons rencontrer l'âme soeur au cours de "speed-dating", chronomètre en main, pour envisager des lendemains moins stressés par l'épanouissement d'une vie de famille stabilisante. Nous jetons très vite des aliments tous cuisinés dans un micro-ondes en espérant presque y retrouver la même saveur que dans un ragoût mijoté avec amour pendant trois heures à petits feux. Nous consommons à tout va n'importe quoi car les prix du marché, made in China bien sûr, nous donnent l'illusion d'une richesse abordable pour tous. Nous payons une fortune des salles de gymnastique avec des appareils ultra-sophistiqués en pensant que notre corps en éprouvera autant de bienfaits qu'au cours d'une longue marche en montagne ou en forêt. Nous polluons à fumées rompues tous les beaux lieux de la planète au nom d'un tourisme qui nous fait croire que tout voyage est un enrichissement personnel. Nous croyons... Nous nous illusionnons... Mais que ressentons-nous le soir de toutes ces choses qui remplissent notre vide intérieur ?...

Tout le monde entend... mais personne n'écoute... Jusqu'où et jusqu'à quand ?
... La mondialisation bien sûr, les contraintes économiques, le réchauffement planétaire, les luttes de pouvoir, la guerre, le cancer... Il y a a tellement de choses plus importantes que de faire attention à ce que l'on nous dit quand quelqu'un nous demande de l'écouter... Comme l'a dit Henri Laborit : "Il est plus facile de professer en paroles un humanisme de bon aloi, que de rendre service à son voisin de palier !"

C'est peut-être pour ça que je préfère écrire... lire, c'est plus facile qu'écouter, non ?...

 

... / LW...


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