JDMQR... (Morceaux choisis)

Juste Des Mots Qui Nous Ressemblent . . . Deviens qui tu es. Fais ce que toi seul peux faire. Nieztsche . . . EPISODE 1 (juin 2007/ juillet 2008)

14 septembre 2011

Tous nos beaux discours...

" Le vrai miroir de nos discours est le cours de nos vies. "
Montaigne


La parole, la verbalisation de nos pensées n'est pas toujours en totale adéquation avec nos comportements et nos façons de réagir à la vie. C'est un constat évident que nous sommes tous amenés à faire, et que l'on résume parfois par "Faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais...". Il existe souvent un décalage entre ce que nous exprimons et ce que nous faisons concrètement, et ce n'est pas pour autant un mensonge ou une trahison, mais le seul fait qu'il est plus facile de parler que d'agir. Ainsi donc, seuls nos actes peuvent porter à jugement quant au décalage éventuel possible entre la parole et l'action.

Nous ne sommes pas tous des orateurs nés, certains auront tendance à dire plus qu'ils ne pensent ou font, là où d'autres, plus laconiques, penseront que seul l'acte vaut par lui-même, et que la parole n'est que perte de temps, justifiant par là le dicton "Plus on en dit, moins on en fait..." La parole sert aussi à se conforter soi-même dans son idée des choses, comme une sorte d'auto-persuasion qui renforcerait notre point de vue, en y faisant adhérer les autres. Mais en définitive, quelque soient les mots que nous employons, s'ils ne sont suivis d'aucun effet, ils subsistent pour ce qu'ils sont : des mots jetés au vent, sans existence ancrée dans le réel. L'ancrage se fait sur les actes, pas sur l'air brassé par nos souffles qui murmurent ou invectivent...

On peut professer toutes sortes de choses : recommandations, conseils, injonctions... On peut se raccrocher à de nombreux préceptes et tenter des les faire partager ou adopter, mais si l'on n'y apporte pas de preuves concrètes, susceptibles d'être reconnues par l'écoutant auquel on s'adresse, cela ne peut rien signifier. On peut être d'accord dans l'idée sans pour autant en valider l'effectivité dans le réel. Et à quoi cela peut-il servir de transmettre des mots que l'on ne peut pas reconnaître soi-même comme véritables ? On y perd de sa stature, quand on veut exposer sur le devant de la scène, des savoir-faire que l'on ne maîtrise pas du tout.

Ceux qui, par contre, ayant mis en oeuvre certaines pratiques, idées ou façons de penser, et ce faisant, qui en ont constaté dans le réel la faisabilité, l'efficacité ou l'importance, et qui essaient de les transmettre via la parole sont beaucoup plus crédibles, puisqu'au poids des mots s'ajoutent les preuves tangibles sous-jacentes au concept.
Le cours de nos vies est comme un ruisseau sauvage, tantôt torrent furieux qui s'abat de la montagne, tantôt rivière paisible qui chemine au milieu des prairies. Nous ne décidons pas de tous les détours qu'empruntera ce cours. Il peut nous arriver, par exemple, d'en pressentir quelques uns et de les anticiper par la parole... mais au final, c'est par le lit creusé qu'on pourra juger nos prédictions, nos efforts et notre part de sincérité et de crédibilité.

La parole est un outil fabuleux, qui nous ouvre les portes de bien des univers. Encore faut-il en maîtriser la fougue, et ne pas se laisser emporter par un torrent verbeux, qui loin d'abreuver l'auditoire pourrait bien tout éclabousser et recouvrir de boue ... La parole est l'apanage des humains, et nous la considérons à ce titre, comme une part de notre identité... Ainsi faut-il veiller à l'utiliser aussi comme représentation de ce que nous sommes, de ce que nous faisons, et de ce que nous voulons transmettre, plutôt que comme étant un outil de communication comme un autre servant à manipuler notre image, et à masquer notre véritable intériorité.

Miroir, mon beau miroir.... A quoi réfléchis-tu quand je te jette tous ces mots ?...

... / LW

 

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Les raisons qui nous font raisonner...

" Quand il lut quelquepart que fumer pouvait provoquer le cancer, il arrêta de lire. "
A. Kirwan


Naturellement, cette phrase prête à sourire et à moquerie. Toutefois, elle est tout à fait représentative des raisons qui nous poussent parfois à faire, ou à ne pas faire les choses, raisons qui ne sont pas toujours les bonnes, et pas toujours très rationnelles non plus.
Nous déclinons notre vie face à des choix que nous devons faire. Il n'y a jamais qu'une seule possibilité de réagir, ni qu'une seule façon de penser. Nous agissons et réfléchissons en fonction de nos convictions et motivations... sans avoir toujours le réflexe d'essayer de voir tous les aspects d'une réflexion...

Il est certain que l'option choisie par l'acteur de cette phrase est sans doute la plus simple. Refusant de remettre en question son comportement, il choisit délibérément de ne plus être confronté à ce genre de considération par un moyen radical : fermer les yeux....

Nous avons tous tendance à fermer les yeux sur les situations qui nous dérangent, ou qui nous obligeraient à de trop grandes remises en question, qu'il s'agisse de certains de nos comportements, ou de certaines vues de l'esprit que nous pouvons posséder. Il est bien plus facile de rester dans la même ligne d'action, connue et sécurisante, plutôt que d'aller se frotter à de nouvelles théories qui pourraient faire vaciller nos points d'appui primitifs....

L'inconnu apparait souvent comme synonyme de danger. Or, il recèle aussi, par la nouveauté qu'il véhicule, la possibilité de s'améliorer, ou même seulement d'expérimenter d'autres choses, dont on ne pourra juger qu'après, de l'efficacité ou de la pertinence, mais on ne peut le faire qu'après essai, en connaissance de cause.
L'inconnu peut se révéler être inadapté, inadéquat, non concordant avec nos envies, et l'on peut revenir à notre fonctionnement de base après lui avoir laissé cependant une chance de démontrer sa valeur...

" Le monde semble sombre quand on a les yeux fermés. " dixit unproverbe indien. Il n'y a rien de pire que de ne pas vouloir ouvrir son regard sur le monde, que de se contenter de contempler le même paysage à l'infini. Aussi beau et profond qu'il puisse être, il ne représente qu'une infime partie de tout ce qui s'offre à notre regard...

Bien sûr, certaines vérités, certaines évidences, en nous bousculant, nous mettent à mal, et créent un tourbillon si puissant que la perte de repères et de valeurs qu'il entraine, nous est trop déstabilisante. Mais il faut aussi considérer que nous sommes toujours maîtres de nos changements. S'enrichir de nouvelles perspectives, puis choisir en toute conscience ce qui nous convient, même si ce choix doit être celui de refuser le changement, et de garder les yeux fermés, est une démarche importante, qu'il faut absolument faire...

Les raisons qui nous poussent à faire ou à ne pas faire les choses sont riches d'enseignement sur nous-mêmes. Tous les " C'est comme ça !" que l'on jette à tour de phrase, mériteraient que l'on s'y attarde, car leur analyse serait sans aucun doute intéressante...

Heu... Vous croyez que c'est vrai que fumer donne le cancer ?... Oh ! Mamma Mia !... 

... / LW...

 

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Les points de ...

" Si les points de suspension pouvaient parler, ils pourraient en dire des choses et des choses..."
Pierre Dac


La force des mots est-elle dans leur signification, ou bien dans leur pouvoir d'interprétation et de suggestion ?...
Faut-il être si précis qu'aucun doute ne puisse plus exister sur la compréhension d'une phrase ou d'un enchainement de mots ?...
Doit-on absolument ne laisser aucune voie ouverte à la compréhension individuelle et intime des sensations éprouvées à la lecture d'un texte ?...
La communication n'est-elle qu'échange bilatéral information-réception de cette information ?...

Si les points de suspension dévoilaient tout leur non-dit, ne se sentirait-on pas frustrés d'être privés de notre curiosité à imaginer une suite ?...
Est-il souhaitable de connaître dans leur intégralité tous les possibles qu'ils énoncent ?...
Qu'y a-t-il de plus agréable que cette invitation à la réflexion à peine voilée, que cette ponctuation sous-entend ?... N'est-ce pas jeu invitatif que de laisser en suspens des mots inachevés ?...

A-t-on toujours envie de savoir ce que signifient ces points-là ?...
Pourquoi désirer obtenir plus de sens qu'il n'en est déjà promis ?...

Les points de suspension peuvent être considérés comme une figure de style, qui accompagnent les silences dans une conversation.
Ils ne cachent parfois, pas d'autre but, que celui de laisser un temps de respiration... pour nous permettre de suivre le cours de l'écriture, avec plus d'aisance ...
Ils peuvent être pudeur de ne pas écrire trop loin dans l'émotion, réserve gardée sur des sentiments qui se murmurent...
Ils sont aussi sourire, quand le rythme des mots se fait trop rapide...

Les points de suspension sont une sorte de regard posé, un temps, avant de reprendre le fil des mots qui se déversent...
Les points de suspension sont dialogue qui s'arrête un instant, pour chercher à atteindre le ressenti de l'autre, pour permettre à cet autre de l'atteindre, aussi...
Les points de suspension sont une sorte de code rhétorique qui associe l'émetteur et le récepteur dans une intimité de sens...

Ne trouvez-vous pas que quelques ... permettent d'accentuer l'envol d'une jolie phrase ?...


... / LW...



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Paroles de bienveillance

" Les paroles de bienveillance peuvent être brèves... mais elles résonnent à l'infini... "
Mère Thérésa


Les paroles sont un peu une sorte de véhicule, qui transporteraient par leurs mots, les sentiments que l'on veut éveiller dans notre rapport à l'autre. Que ces mots soient pleins de haine et de colère, et l'on sent monter en nous peine et incommunicabilité ; qu'ils se fassent doux et réconfortants, et nos émotions plus positives, se parent soudain des ailes de l'allégresse... Les mots sont notre univers quotidien, et l'on y est sensible, quoi que l'on puisse en dire ou en dédire...

Les paroles de bienveillance sont porteuses d'infini, car elles sont issues de sentiments positifs, et renforcent ainsi notre force intérieure, quand celle-ci a du mal à résister aux assauts des tourments inévitables que la vie nous impose à certains moments...
Les paroles de bienveillance peuvent être, encouragement à continuer, manifestation d'un soutien, reconnaissance de nos qualités ou talents, ou même simplement expression d'une présence...

Nous ne devons pas être avare de dispenser nous-mêmes ces paroles-là, car en les exprimant nous témoignons à l'autre de toute son importance à nos yeux, ou aux yeux du monde... Cet acte facile à accomplir et accessible à tous, devrait faire partie d'une discipline de vie à examiner avec le plus grand soin... Nous sommes bien souvent trop tournés sur nous-mêmes pour savoir exprimer ce genre de choses, et pour prendre en compte les attentes et besoins de l'autre. Parmi les mots qui font le plus mal, on trouve en premier lieu... Tous ceux que l'on ne dit pas...

Que disent ces mots qui se taisent ?

Ils sont contenus dans tous ces points de suspension, qu'on suspend en plein vol, au milieu d'une phrase.... et invitent à en trouver un sens personnel... Ils expriment le flux continu de ce pensées que l'on n'arrive pas à structurer...
Ils taisent ce que l'on pense être inutile d'exprimer, ou trop difficile à faire passer.
Ils laissent dans un silence équivoque nos émotions et nos sentiments, que l'on ne veut pas, ou que l'on ne peut pas, sortir au grand jour...
Ils empêchent la construction d'un édifice relationnel solide...
Ils sont refus de livrer à l'autre les mots qui soulagent, aident, aiment... dans leur pudeur ou leur impossibilité, de s'offrir au miroir du dialogue...

Cessons d'économiser l'expression de nos sentiments, et offrons ces mots qui font du bien !

... / LW...

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Ecrire...

" Le besoin d'écrire est une curiosité de savoir ce que l'on trouvera."
Alain


Le besoin d'écrire, c'est parfois juste le besoin de confier à des mots, le pouvoir de matérialiser ses pensées, de les sentir comme palpables, par le simple fait que l'on peut les contempler, noir sur blanc, comme parties de la réalité. C'est avoir la sensation qu'enfin, on peut les toucher du bout des yeux...

Le besoin d'écrire, c'est une façon de vidanger les mots, qui tournent à l'intérieur de notre tête, et qui filent en tous sens, s'emboîtant au hasard en une trame incertaine, dessinant des motifs complexes, nous emportant l'esprit vagabond, errer d'une idée à l'autre, d'un dessein à l'autre, sans finalité exprimée...

Le besoin d'écrire, c'est l'envie de savoir, comment s'assembleront les mots qui nous habitent, si on leur laisse la liberté de se guider eux-mêmes, sans définir de direction préalable. C'est permettre à ces mots de nous emporter, et de ne servir que d'outil transcripteur sans chercher à répondre à quelque standard que ce soit.

Le besoin d'écrire, c'est parfois impérieux, quand on entend clairement s'énoncer dans sa tête, des mots, des phrases ou des musiques... C'est comme une injonction venue d'on ne sait où, qui nous pousse à les retranscrire, et dont on ne sait même pas, s'ils nous appartiennent en propre, ou s'ils viennent d'ailleurs...

Ecrire, c'est chercher au travers des mots, les limites de la pensée, de l'imagination et de la censure. Les seuls freins connus à l'écriture, les seules véritables limites de l'écriture, sont dans l'autocensure, qui immanquablement se mêle à la partie, sauf à fonctionner en mode automatique...

L'écriture automatique a cet avantage indéniable, de tout permettre, puisqu'elle fait fi de la critique consciente et du filtre de l'acceptable. L'écriture automatique ne se prosterne pas devant les règles de la syntaxe, de la grammaire et de la rhétorique, elle se joue libre et sans jugement émis quand à sa validité et sa cadence...

L'envie d'écrire est, comme le dit Alain, "une curiosité de savoir ce que l'on trouvera". Tous ceux qui aiment les mots, jouer avec les mots, les assembler, comprendront aisément cette sensation. S'asseoir devant une page blanche, sans savoir de quoi elle se grimera, procure un plaisir évident, rien qu'à l'idée de ce que l'on y découvrira, une fois l'acte créateur effectué...

Mais le besoin d'écrire ne se commande pas, ne se décide pas... Si l'envie se maîtrise, se contraint, et se domine, le besoin, lui, n'est pas serviteur de la raison. Il se ressent, douloureux et pressant, exigeant sa satisfaction, obligeant à déverser les mots en surplus qui dominent nos pensées...

De loin, l'envie est plus agréable que le besoin...
L'envie répond à un plaisir , le besoin à une nécessité...
Mais au final... pour le lecteur...

Est-ce que cela change quelque chose, que les mots, soient nés d'une nécessité ou d'un plaisir ?

... / LW...

 

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Mille milliards de mille sabords !!!

" En ravalant des paroles méchantes sans les avoir dites, personne ne s'est jamais abîmé l'estomac. "
Winston churchill


Les paroles s'envolent, les écrits restent... Physiquement, c'est une réalité évidente, mais qui peut dire que les paroles blessantes s'envolent sans laisser de traces ? ... Sans laisser de preuves, oui, mais pas sans laisser de traces.
Ces mots qui s'envolent font les mêmes dégâts qu'une bombe qui exploserait... On n'en voit plus le contour exact, mais on en mesure les conséquences...

Et à quoi servent les paroles blessantes ? A soulager une petite colère ou une grosse frustration ? Apportent-elles la sérénité et un sentiment de bien-être ? ...
A moins d'être sérieusement tordu dans sa psychologie intérieure, causer souffrance à autrui n'apporte aucune satisfaction... sinon on appelle ça du sadisme.
Vouloir se guérir en faisant mal, en reportant sur quelqu'un d'autre sa propre souffrance, ç an'allège rien du tout.
De plus, partant de la théorie que la pensée est une onde, on baigne ainsi dans un champ négatif exponentiel...

"
Tu peux envoyer une flèche (mauvaise pensée ou parole) à quelqu'un.
Tu crois ensuite qu'elle s'est perdue et naura aucun effet sur toi.
Mais la flèche fera le tour de l'univers, et viendra, immanquablement un jour, se planter dans ton dos.
Envoie une fleur (bonne pensée ou parole) à quelqu'un...
Elle fera le tour de l'univers, et viendra adoucir ton coeur... (et le sien)" (sagesse amérindienne)


Nous comporter comme des sauvages, en ignorant toutes les règles de base du respect d'autrui et de la politesse ne nous grandit pas.
Par contre, tempérer nos ardeurs et nos énervements, éprouver un peu de compsasion et d'empathie, nous laisse un sentiment qui éveille en nous l'utilité de notre condition humaine, dans sa capacité à se servir de son cerveau, à d'autres fins que celles purement basiques, qui tendent à satisfaire nos besoins primaires, tels que manger, boire, respirer, dormir...

Cessons de vouloir avoir le dernier mot quand les discussions arrivent en phase où il devient impossible d'utiliser le dialogue constructif...
Le silence est parfois préférable aux mots qui dépassent nos véritables opinions ou sentiments....

Et si vous avez des brûlures d'estomac, demandez-vous ce que vous ne digérez pas ...


... / LW...

 

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Philosophie sans salut...

" Les philosophes sont plus anatomistes que médecins : ils dissèquent et ne guérissent pas. "
Antoine Rivarol


La philosophie, du grec philo-sofia, que l'on traduit généralement par "amour de la sagesse" donnerait pour cadre d'étude, la recherche d'une certaine façon de vivre et plus particulièrement une recherche du bonheur et de la sagesse, sans pour autant prétendre pouvoir l'atteindre.
De nos jours, la philosophie se tient surtout dans un cadre de travail intellectuel de recherche, non obligatoirement lié à une façon d'être et de vivre. Ainsi, devient-elle théâtre de réflexion et de joutes verbales, sans pour autant détenir un statut de voie menant à la sagesse...

On assiste donc à des raisonnements sans fin, juxtapositions d'idées qui se font suite de façon logique, sans rien résoudre de la problématique de base posée au départ, mais explorant dans de nombreuses directions, des concepts moraux ou intellectuels... et ne donnant en définitive, après examen détaillé, aucune réponse permettant de fonder une opinion tranchée impossible à remettre en question...

Cette espace infini de la pensée, la libère d'un carcan strict, visant à faire admettre comme norme, les pérégrinations intellectuelles de quelques uns. Toute thèse est réfutable, ou déclinable, pour peu que l'on y trouve matière à s'y investir plus amplement, et à se torturer le cerveau à inventer de nouvelles logiques de réflexions...

La philosophie permet ainsi de disséquer le monde, selon une recherche intellectuelle, dénuée de sentiments ressentis, mais obéissant à des postulats de départ, mis en exergue pour donner axes de recherche, vers de nouvelles idées et de nouveaux débats. La philosophie se veut débat d'idéees, plus que de convictions, recherche infinie d'absolus qui ne se prouveront jamais. Dépeçant le monde en éléments de réflexion pris isolément, qui donnent naissance à des théories fleuves ayant pour but d'éclairer différemment notre posture de recherche vers la sagesse...

La philosophie n'est pas science qui éveille l'inculte ou l'impie, mais bien microscope kaléidoscope, qui dévoile des facettes différentes d'un même monde, partagé par tous. Elle ne guérit pas les insatisfaits, ni les anxieux, ni les boulimiques, ni personne... en distribuant baumes intellectuels et formules magiques éclairantes ; elle n'est que clé des champs, pour qui souhaite se promener les idées, hors du béton commun qui soutient nos pas quotidiens...

La philosophie ne soigne ni ne guérit, elle soutient la recherche de ceux qui souhaitent pousser plus loin, et tester leur force d'abstraction jusqu'aux limites supportées par cette stimulation cérébrale... Elle ne soigne ni ne guérit... mais peut-être qu'elle peut rendre fous, ceux qui, harponnés par ses théories, en oublient de vivre dans un monde réel, dans lequel plus que les concepts, ce sont les petits gestes de tous les jours, qui comptent...

La philosophie n'est pas une science exacte... Classée parmi le sciences humaines, elle s'est octroyée l'homme et le monde dans lequel il évolue, comme sphère d'intervention et d'investigation, s'élevant même jusqu'aux cîmes célestes, en remettant en cause l'existence d'une entité supérieure, qui surveillerait d'un oeil amusé, toutes ces causeries sans réelle importance, mais qui, néanmoins, lèvent parfois le voile, sur des tabous acceptés depuis trop longtemps, sans qu'on ait pris la peine, de s'interroger sur leur bien-fondé...

Les mots dissèquent les idées, et nous laissent des cicatrices de réflexion... dont les traces peuvent rester indélébiles, même si on perd le fil...
La philosophie ne guérit pas, certes... mais elle soutient la grandeur de l'homme, en lui faisant appréhender le fait, que le monde n'est que ce qu'il veut en voir... et que cette vision-là, nous avons tous la possibilité de l'affiner selon nos envies, nos besoins et nos idées...

Alors... ça vous dit une petite remise en question par l'autopsie de nos concepts familiers ?...

... / LW...

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17 septembre 2011

Auto-censure...

" On n'écrit pas librement tant qu'on pense à ceux qui vous liront. "
J. Grenier


Si l'on écrit dans une logique de lecture, et que l'on pense à ceux qui liront nos mots, alors on se contraint à affronter l'auto-censure. Bien pire que tous les censeurs réunis, l'auto-censure brise dans la pensée même, les mots qui nous paraissent trop sujets à interprétations subjectives...
A moins d'écrire des articles relatant des cours de la Bourse ou indiquant des indices chiffrés précis, tout le reste est littérature, propre à être examiné sous divers angles... même pour la plupart des écrits journalistiques officiels....

Ainsi faut-il s'affranchir de porter un jugement sur les mots qu'on laisse s'évader, et les cueillir juste comme ils viennent, les assembler suivant les règles de l'art d'écrire et de la grammaire, et ne pas essayer d'en tirer quoi que ce soit d'autre... sauf à vouloir s'exposer à ses propres foudres...

L'auto-censure est protection... plus que désir de refouler ou de cacher...
L'auto-censure est souvent celle, par laquelle n'arrivent jamais à pleine maturité l'expression de nos sentiments et ressentis les plus sincères. Elle oscille entre pudeur, prudence et retenue...
L'auto-censure joue aussi le juge moral et social, et revêt sa plus belle gomme pour réduire à néant des kilomètres de mots qui passent d'écrit à blanc, en quelques épluchures...

L'auto-censure brandit ses garde-fous...
Elle garde de nos mots, les plus poignants ou les plus délirants, s'assurant par là de notre intégrité psychique au regard du lecteur, qui ne manquerait pas de remarquer ces confessions impudiques ou ces théories d'aliénés qui parfois, s'échafaudent toutes seules, quand on libère les mains du canal de la pensée rationnelle, et qu'on les laisse jouer, là, en pleine liberté, rebondissant d'une touche à l'autre, comme des puces endiablées, qui martèleraient leur rythme jazzy sur le clavier docile...

Le pire est de savoir, que certains lecteurs trouveront des sens plus ou moins cachés ou ésotériques... là même où l'on n'a rien glissé d'autre que la spontanéité des mots... Alors on relit, et on cherche , ce que l'on a pu soi-même s'escamoter... On découvre que certaines phrases sont sujettes à mauvaise interprétation, ou bien que la ponctuation sert grandement, et qu'il ne faut pas oublier d'en user convenablement...

Des passages seront susceptibles d'être plus parlant pour certaines personnes, qui se sentiront comme "concernées", comme si les mots s'adressaient bel et bien à eux... comme s'ils en étaient presque la source inspiratrice...
Quand après les avoir écrit, on prend conscience de ce phénomède d'identification dont le risque est toujours présent, on a le choix de supprimer ces passages ou de les écrire de manière un peu différente, ou bien d'assumer cet illégitime octroiement qui peut avoir lieu et l'idée de cette écriture intentionnelle... même si nous n'y avons projeté aucune ... intention au départ...

Somme toute... l'auto-censure n'est qu'un combat que l'on a à livrer avec soi-même...
Ce n'est même pas la peur de l'exposition au jugement d'autrui qui la motive, elle agit plus en répression instinctive qu'en analyse de conséquence...

L'auto-censure n'est qu'un frein à sa propre liberté d'expression qui ne repose sur aucun fondement réellement valable...
Elle est rude compétitrice et défend ses droits de la façon la plus éprouvante qui soit, en nous jetant à la réflexion, tous les risques de critiques auxquels on s'expose en s'écartant de ses recommandations...

Mais qui écrit sans folie... n'est pas si lisible qu'il croit...Non ?...
...

... / LW...

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Peu importe la taille des étagères...

" Il y a des gens qui ont une bibliothèque comme les eunuques ont un harem. "
Victor Hugo          (... chrono...)


Le désir de possession est caractéristique fondamentale de l'être humain, comme si notre valeur pouvait se mesurer par l'évaluation de ce que l'on peut concrètement soupeser. Il en va ainsi pour la culture, posséder de nombreux livres permet de sous-entendre que l'on possède une grande culture... Mais posséder des livres ne saurait suffire... il faut aussi les lire... si l'on veut en tirer un bénéfice plus grand.

Certains pensent qu'il faut lire "intelligent", c'est-à-dire des livres qui sont censés "enseigner" quelque chose, qui traitent d'un sujet "sérieux"... et que le roman n'est que perte de temps. Dérivé de l'imagination, il s'écarte de la réalité et n'apporte rien de tangible et appropriable pour s'améliorer notre connaissance de l'existence...
Quelle tristesse d'accompagner le mot "lecture" avec le qualificatif "utile"... La lecture est devenue quelque chose d'incontournable, d'essentiel... bien plus qu'utile... mais elle est aussi Sésame magique pour voyager hors du monde, dans des histoires improbables, qui parfois, nous en apprennent plus que toutes les théories "utiles" et irréfutables de nombreux essais ou ouvrages de vulgarisation...

La littérature ouvre l'esprit, dans la mesure où ces personnages imaginaires trouvent là, le lieu pour exprimer, et vivre tous les possibles qu'il nous est refusé de vivre, par impossibilité ou incapacité... Terrain de projection sans limites et sans frontières, la création romanesque est un macrocosme sociologique au vivier intarissable, qui nous propulse de mots en mots dans des aventures extraordinaires... même quand elles se passent dans un cadre ordinaire...

Les gens qui ne lisent pas de livres, heureusement, ne savent pas ce qu'ils perdent de la légère euphorie que provoque la fin d'un livre qui nous a transporté...
S'ils venaient à en avoir connaissance, ils regretteraient sans aucun doute, tout ce temps perdu à dépoussiérer les couvertures anonymes de leurs volumes bien rangés sur les étagères de bibliothèques d'agrément...

On reconnait les bibliothèques "factices" à l'ordre qui y règne... et à l'harmonie des couvertures... Quand le sens de l'esthétique prime sur le choix des auteurs, on peut soupçonner que personne ne feuillette jamais les livres qui s'offrent au regard, plus qu'à la frénésie des doigts qui tournent, captivés, les pages les unes après les autres...
Les livres dont la couverture ne présente aucun défaut d'usage sont, soit possédés par des personnes extrêmement méticuleuses, soit au contraire livrés à leurs étagères sans espoir de s'ouvrir un jour...

Les livres témoignent de leur usage par eux-mêmes... Il n'est qu'à les regarder de l'extérieur pour juger de leur état de service, du plaisir qu'ils ont, ou n'ont pas procuré...
Les livres écornés, marqués en tous points de leurs tranches, dont la couverture s'est assouplie avec le temps, craquelés, tâchés parfois même, ont une autre histoire à raconter en plus de celle qu'ils contiennent initialement, c'est celle de leur vie propre, leur voyage de mains en mains jusqu'au coeur des gens...

Mais... il y a pire que posséder une bibliothèque factice... c'est de n'en point posséder du tout......

 

... / LW...

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19 septembre 2011

Résonance cérébrale...

" Il y a des mots que l'on entend longtemps après qu'ils aient été prononcés. "
Christine Orban

Dans l'acte d'entendre, comme dans celui d'écouter, nos oreilles ne sont pas les seules parties prenantes... Organes de l'audition, elles sont celles, par lesquelles se propagent en nous, les ondes modulées par la voix de l'extérieur, premières sentinelles d'accès à notre conscience, mais seulement fraction minime de nos sens, dans ce mécanisme réflexe, qui sert de porte d'entrée à la réflexion...

Le cerveau capte ces modulations sonores, et les transporte... en traductions de sens qui nous permettent alors de comprendre, de saisir une signification induite, qu'enfin l'on reçoit en tout entendement...
Entendement... quel drôle de mot pour synonyme de raison, compréhension, capacité de concevoir les choses... il peut même aller jusqu'à signifier : "intelligence"...
L'intelligence viendrait-elle de ce qui nous vient aux oreilles ?...


" Il y a des mots que l'on entend longtemps après qu'ils aient été prononcés"...
Ces mots-là sont souvent ceux qui sont très chargés émotionnellement, qu'on a reçus par surprise, ou bien au contraire, qu'on a désiré longtemps avant que nous soit donné le bonheur de les entendre...
Ces mots qui résonnent, qui tournent en rond dans notre cerveau, comme des poissons rouges dans leur aquarium... et qui semblent se réinitialiser à l'infini... Ces mots-là, sont emplis d'un sens symbolique particulier, dont il nous faut trouver la voie d'accès, si l'on veut s'en libérer...

Les mots d'amour aiment à jouer dans ce registre, accompagnés du timbre particulier de la voix, quand elle se laisse porter par ses "je t'aime" à peine voilés, qu'elle libère enfin en paroles...
Les mots d'amour clairement énoncés, se mettent à bégayer à loisir comme sur un disque rayé, pour nous faire réécouter ses harmonies qui nous touchent, aussi sensuellement que les gestes qui parfois les remplace ... ou les dissimule...
Les mots d'amour continuent de résonner bien au-delà de leur fréquence, surtout quand ils se font rares à l'oreille qui attend...

Les mots durs, les mots blessants, les mots qui doutent... eux aussi parfois, tournent et se retournent, comme une torture sans fin, un robinet qui fuit au goutte à goutte et dont on ne parvient pas à neutraliser le bruit...
A force de se répéter, et de se cogner si fort contre nos interrogations, ils finissent par nous meurtrir l'âme, et nous donnent des migraines de doute, de colère ou de culpabilité, contre lesquelles n'existe aucun médicament miracle...
Des mots de l'inadéquation, des mots échappés par inattention, des mots captés par hasard... des mots qui ne nous sont parfois même pas familiers, ni totalement destinés... mais qui se sont égarés en nous comme des bêtes sauvages terrorisées par un enfermement soudain dans un espace réduit, dont ils ne savent pas, comment ils pourront s'en échapper...

Il y a aussi... les mots qui font vivre le souvenir, et projette encore et encore, le film qu'on a déjà rembobiné plusieurs fois... mais que l'on prend plaisir à revoir, encore et encore... Parce qu'on aime les retrouver, chaque fois les mêmes, intacts, insensibles au temps qui passe...
Le temps ne déforme que ce qu'il nous plaît de voir se modifier, car il sait aussi garder en l'état les émotions et sensations associées, quand leur rappel à l'identique, est pour nous gage de leur importance...
Les mots du souvenir sont comme des photographies auditives, mais leurs mélodies ne jaunissent pas avec les années, à la manière des couleurs qui fuient les photographies... Leur intonnation et leur justesse sont fidèles à leur première écoute....

Oui, il y a des mots que l'on entend longtemps...
Et parmi ceux que vous prononcez, et que vous prononcerez un jour, il y en a aussi...  ...

... / LW...

Posté par laurencewitko à 17:49 - DES MOTS... - Commentaires [0] - Permalien [#]